Vacances rime avec … Détente

Après les explorations du temps par Lucie et de l’élégance par Liraloin, l’expérimentation des amitiés et premières amours par Séverine, Blandine offre sa rime…

Quand arrivent les vacances d’été, Blandine ne souhaite que la détente ! Se laisser porter, emporter, par les envies (ou non) de sorties, par ses enfants, par les ami.e.s, par les envies de lectures, sans quasi rien prévoir, pour ne surtout pas avoir à courir après le temps, après des objectifs même s’ils sont de loisirs. Arrive ce qui doit arriver !

*** Plongée en PAL profonde ***

Et l’un des grands plaisirs de Blandine pendant l’été est d’aller explorer sa PAL (= Pile à Lire), celle qui accueille si généreusement ses « prochaines » lectures au fil de ses envies et qui attendent si patiemment leur moment !

Le petit poisson noir. Samad BEHRANGUI et Joseph VERNOT. Albin Michel, 2018

Au fond de la mer, une vieille maman poisson s’apprête à raconter à ses 12000 enfants et petits-enfants l’histoire du Petit Poisson Noir. Ce dernier vivait heureux avec sa mère au creux d’un ruisseau. Ses journées se passaient à jouer, mais cette vie lui sembla un jour creuse et vide. Il réfléchissait et se questionnait, sur ce qui se trouvait au-delà de « son » monde et où finissait le ruisseau. Sa décision était prise, il lui fallait le découvrir.

Ce conte iranien est ici proposé dans un version bilingue et bellement illustrée. Son auteur, Samad Behrangui (1939-1968), anti-idéologue, antipatriarcal, anticlérical et militant de l’alphabetisme et de l’éducation, nous livre ici un récit d’émancipation vital. Sa publication fut interdite en Iran, mais heureusement non entravée ailleurs.

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Dynamythes: 20 Histoires mythologiques dont on parle sans le savoir. Annelise HEURTIER et Benoît PERROUD. Casterman, septembre 2020

C’est sans savoir que nous serions dans une année « Odyssée » (cf le film de Christopher Nolan sorti en salles le 15 juillet 2026) que Blandine a placé ce documentaire dans sa liste des « 26 livres à sortir en 2026 ». Mythes + Annelise Heurtier = Que du bon ! D’autant que c’est une autrice que nous apprécions particulièrement A l’Ombre du Grand Arbre, souvenez-vous 😉

Tel un programme de théâtre, Annelise Heurtier nous raconte donc 20 mythes qui ont donné lieu à des expressions (« la roue tourne », « être médusé », « le nombril du monde »), à des noms communs (un atlas, un dédale, un cerbère), etc. Chaque présentation est courte et toujours sous un angle narratif différent: déposition, théâtre, acrostiche, dialogue, interview… et prolongée par des ressources artistiques. C’est drôle, bien fait, instructif. A ne pas lire d’une traite cependant, pour éviter l’effet catalogue.

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Khadim, le petit Lord. Gwladys CONSTANT. Oskar Editeur, novembre 2018

Grâce à Edwige, une militante pour les sans-papiers » et la Comtesse qui les accueille en sa demeure, Khadim et sa maman Koumba peuvent quitter le centre d’accueil où ils logeaient depuis leur arrivée du Sénégal. Chez la Comtesse, chacun a son rôle et tous s’entraident, ce qui ne va parfois pas sans heurts, mais qui les enrichit tous humainement.

Elle fait appel à nos talents, à ce que nous savons faire, elle met à profit notre force humaine et notre volonté, elle fait en sorte que nous n’oubliions pas que nous avons notre place dans cette société, mais que nous devons la gagner.

Ce court roman de Gwladys Constant est toujours d’une triste actualité mais nous rappelle combien la fraternité, la solidarité, l’altérité, la générosité et même la candeur ne sont pas de vains mots.

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Casseurs de solitudes. Hélène VIGNAL. Editions du Rouergue, avril 2014

« On peut toujours faire quelque chose » : tel est le leitmotiv de ce livre composé de neuf nouvelles et autant d’adolescents, dont certains se retrouvent dans les récits des autres. Non, « ne rien lâcher » car tout peut encore advenir malgré la difficulté, malgré les apparences. Il s’agit d’amener une « rupture » pour que quelque chose survienne, pour qu’une autre image se forge. La force d’Hélène Vignal est de nous immerger instantanément auprès de ces ados, et de ces adultes, de nous donner à ressentir immédiatement leur situation, leur perspective et le changement possible. Et c’est fort !

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*** Découvertes en Lectures***

Lire, c’est découvrir : des émotions, des parcours de vies, des situations de vies, des cultures, d’autres manières de vivre, de penser, d’agir, c’est se confronter, se bousculer, se rassurer aussi.

S’émerveiller. Kobi YAMADA et Charles SANTOSO. Le Lotus et Le Petit Eléphant, septembre 2024

Blandine en est persuadée: l’émerveillement n’est pas réservé à l’enfance, n’est pas naïf, n’est pas réducteur. Bien au contraire. L’émerveillement est à savourer et à entretenir tout au long de sa vie. Il permet d’accueillir, de se réjouir et de percevoir, des plus infimes aux plus grands évènements, de ne pas classer, classifier, ranger. Il est aussi naturel que spontané, aussi résistant que militant même. Il est acte de reconnaissance, de gratitude et apporte à qui le ressent et le partage, une énergie nouvelle, puissante et rayonnante.

Comme dans ses autres albums, Kobi Yamada n’use que de quelques mots par double page. Un dessin d’une grande tendresse et beauté délicate les accompagne pour nous les faire ressentir. Simplement magnifique.

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Devine Cherche et Trouve Villes. Manon BUCCIARELLI. Gallimard Jeunesse, novembre 2023

Blandine aime apprendre par les livres, découvertes à prolonger (ou pas) in situ ! Cet album grand format à la magnifique couverture nous invite à parcourir 16 villes du monde par le biais d’éléments culturels forts. Sur une double-page, soit le texte est intégré aux illustrations, soit l’une comporte les mots, l’autre les dessins. L’autrice et illustratrice a joué sur les formes et les symétries pour les agencer ca qui nous offre un formidable effet visuel. En plus dé découvrir donc… et de susciter des envies de voyages !

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La Tour de Gustave. Sophie ADRIANSEN et Youlie. Glénat Jeunesse, avril 2023

C’est souvent ce qui se trouve le plus près de chez nous que l’on va voir le moins « en vrai ». Et cela faisait des années que Blandine ne s’était pas approchée de la Tour Eiffel qu’elle aime pourtant tellement admirer, notamment depuis la ligne de métro 6… A défaut de monter à nouveau ses marches, elle en a fait le tour, limitée par le mur en verre qui la ceint désormais, et a retrouvé avec bonheur les pages de cet album au format aussi allongé que la Tour Eiffel est haute.

« Je suis la Dame de Fer » : la narratrice de notre album, c’est Elle ! Elle se dévoile autant qu’elle raconte Gustave Eiffel, de son parcours à Paris, en France et à l’international, de sa fascination pour le métal et les défis, jusqu’à son idée, sa conception, sa construction. Et plus encore !

Les mots choisis de Sophie Adriansen, qui sont un régal à lire à voix haute grâce à ses sonorités rythmées et rimées, sont bellement accompagnés par les illustrations aux nuances de violets de Youlie, qui use de perspectives comme d’Art Nouveau. Cet album est un régal qui donne envie de voir et revoir La Dame de Fer !

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Alice au pays du cinéma. Sandrine BEAU. Alice Editions, janvier 2026

Alice Guy + Sandrine Beau + Blandine = Une grande histoire d’écriture / lecture / fascination. Ce roman en forme de journal intime n’est pas le premier que Sandrine Beau consacre à Alice Guy, première femme réalisatrice française, dont le nom a été sciemment et injustement effacé de l’Histoire et du cinéma. Vous devinez aisément pourquoi ! Son parcours est aussi fantastique et grandiose que triste. Avec ce roman, l’autrice va plus loin que dans ses précédents écrits (parus chez Belin Jeunesse), dans les thèmes comme dans la temporalité.

Le caractère et le parcours d’Alice Guy, de la France aux Etats-Unis, en passant par le Chili et la Suisse, sont passionnants. D’abord engagée comme sténodactylo au Comptoir de la photographie par Léon Gaumont, elle s’enthousiasme pour le cinématographe et lui prédit un avenir si on le conçoit comme un outil de divertissement. Ce qu’elle met en œuvre, en foisonnement d’idées, écritures de saynètes, mises en place et réalisation.

Une vie à découvrir et redécouvrir !

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***Lectures d’été***

Blandine aime accorder ses lectures à la saison. Et été rime avec mer et plage. Et soleil et glaces aussi. Avec évasion sensorielle par le chant de l’eau, le roulis des vagues, le chuintement de l’écume, les coquillages à ramasser et assembler pour du land art. Et bien sûr, la lecture les doigts de pied en éventail. Certes un peu cliché, mais tellement évocateur et bienfaisant !

Mes petits imagiers. la mer. Janik COAT. Editions La Partie, 2025

Un album cartonné au jaspage bleu, petit format de poche à la couverture si évocatrice et c’est comme si on y était ! Tout s’y trouve: plage, glaces, raquettes, parasols, baleine, paquebot et sous-marin… Aussi mignon que tendre, aussi doux qu’immersif, un dessin aquarellé, les mots, aussi minimaliste que beau !

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Haïkus du bord de mer. Rhéa DUFRESNE et Maud LEGRAND. Le Rouergue, mai 2025

Si la mer évoque l’été pour beaucoup, elle n’en reste pas moins présente et réelle toute l’année. Ces haïkus nous restitue son bord en toutes saisons et en différents lieux. De l’aube à son crépuscule, au nord comme au sud. Ses couleurs, ses éléments, ses changements nous sont restitués dans toute leur puissance et évanescence grâce à ces petits poèmes de trois vers et des illustrations colorées et collées.

Sous le soleil
Miettes de coquillages
La plage en robe de bal

Rivage d’automne
Jeu de mikado géant
Les grands bois flottés

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Une légende dit qu’en accolant son oreille à un coquillage, on peut en entendre le ressac des vagues. Voyage acoustique et immersif que vont vivre Mona et ses frères et sœurs qui n’ont pas la chance de partir en vacances cet été-là. Grâce à un coquillage offert par une vieille dame qui tient une boutique d’antiquités, ils vont vivre un été sensoriel fait de mots et de sensations marines.

Le coquillage. Camille FLOUE. Editions thierry Magnier, collection « Petite Poche », février 2026

La collection « Petite poche » des éditions Thierry Magnier regorge de petits trésors en textes courts et évocateurs aux thèmes aussi riches que variés. Celui-ci nous rappelle que tous n’ont pas la chance de partir en vacances, de vivre mille aventures et que pourtant, elles peuvent se dévoiler par le biais d’anodines circonstances. Une ode à la rencontre, à l’expérience commune et au partage !

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Et pour vous, avec quoi rime le mot « Vacances » ?

Pour Hélène, qui signera le billet d’été prochain, il rime avec « confidences ». Intriguant !

Vacances rime avec… amitiés et /ou premières amours !

« Seul sur le sable, les yeux dans l’eau…mon rêve était trop beau… »

« Premiers baisers échangés sur une plage en été… »

« C’est un long roman d’amitié qui commence entre nous deux
Magique adolescence où tout est un jeu… »

Les références de Séverine sont musicales (et de qualitay), quand elle pense aux vacances et à l’été ! Heureusement pour vous, elles sont aussi littéraires. Et de bien meilleure facture, c’est certain. 😉

Les premières amours, les amitiés éphémères ou éternelles, tels sont les thèmes qu’elle souhaitait traiter pour son troisième billet d’été depuis qu’elle s’est posée à l’ombre du grand arbre.

Ces thèmes font sans nul doute, depuis toujours, couler beaucoup d’encre en littérature (et beaucoup de larmes), y compris en littérature jeunesse. Elle s’en est emparé, de l’album illustré aux romans pour ados, en passant par les premières lectures ou les romans junior, avec, comme toujours, humour, émotion, profondeur, beauté, ouverture, tolérance… Que les histoires se déroulent en été, pendant les vacances, ou dans l’aventure du quotidien, dans tous les styles, sur tous les tons, au-delà des différences, voici donc une sélection des livres qui « nous parlent d’amour, nous redisent des choses tendres » ou nous font voguer sur « la grand mare des canards » de l’amitié.

Coté albums, deux de ses préférés de tous les temps :

Esther Andersen raconte, tout en finesse, douceur et mélancolie, les vacances d’un jeune garçon qui découvre la mer et connaît ses premiers émois amoureux lors d’un été (pas) comme les autres que les mots toujours touchants de Timothée de Fombelle et les illustrations sempesques d’Irène Bonacina nous font ressentir avec une une émotion et une intensité rares.

« Pourtant je n’avais pas vu la plus grande vague. Celle qui est arrivée par la plage comme une surprise. »

Une jolie chronique chez Lucie sur Babelio.

Le parfum des grandes vacances, cette histoire mêlant écologie et pacifisme, nostalgie et passion, lien intergénérationnel et premier amour d’enfance… Pour elle, imprégnée de tant de lumière et de beauté, la parenthèse enchantée et émouvante qu’offre cet album a tout simplement le parfum du chef-d’œuvre.

« Les grandes personnes pensnet que les amours d’été n’ont pas d’importance, que le cœur des enfants est ainsi fait que l’amour s’en échappe aussi vite qu’il y est entré »

Sa chronique complète ICI.

Ce n’est pas très compliqué, écrit et illustré par Samuel Ribeyron, est l’un de ces albums pour petit.es qui fait honneur à la littérature jeunesse, par une simplicité et une beauté presque désarmantes, tout en profondeur toutefois. Tout est dit sans en faire des tonnes, en n’intellectualisant le propos, en ne prenant les enfants ni pour des grandes personnes, ni pour des êtres dénués de sentiments. Amour ou amitié, après tout, quelle importance ? Il fait confiance à leur cœur…

« Quand la pluie a effacé les arbres de notre rue, je n’ai même pas pleuré. Et si je n’avais pas de cœur ? »

Chronique

Jérôme par cœur et Ça change tout, deux albums abordant à hauteur d’enfant, de manière très juste et délicate, des thèmes plus rarement traités en littérature jeunesse : l’homosexualité (et en filigrane, subtilement, la bisexualité dans Ça change tout). Mais comme ils ont été écrits par Thomas Scotto, pour le premier, et Cathy Ytak pour le second (avec une dédicace émouvante à Thomas Scotto, justement), il n’est pas étonnant que leurs textes sensibles et poétiques, très joliment illustrés au demeurant, fassent mouche. Oui, la littérature jeunesse peut tout dire, elle est souvent plus convaincante que tous les discours militants.

« Raphael aime Jérôme. Je le dis. Très facile ».

« Le poème lu, Baptiste rougit aussi, mais c’est parce qu’il vient d’attraper un coup de soleil. Un coup de soleil à l’intérieur »

A noter que bien avant ces deux-là, le précurseur Thierry Lenain avait déjà abordé la question, dans un petit roman de premières lectures, Je me marierai avec Anna, en… 1992 !

« Enfin, ma chérie, ne sois pas idiote. Une fille ne peut pas se marier avec une fille. »

Premières lectures toujours. Les séries Chien pourri et  Le chat assassin, que les enfants adorent pour leurs personnages animaliers, mais si proches de nous les humain.es, attachants jusque dans leurs faiblesses et leur défauts, drôles et caustiques, proposent elles aussi un épisode où le protagoniste principal tombe vraiment amoureux pour la première fois et découvre les joies et les tourments liés à cet état.

« C’est bizarre, j’ai dû avaler un tam-tam sans m’en apercevoir, pense Chien-Pourri dont le coeur bat la chamade »

« Qui a besoin d’amour ? Pas moi. Et si un jour je change d’avis, j’ai Ellie qui sait ce qu’aimer veut dire. »

Coté romans pour ados, la variété des histoires, des traitements, des voix, démontrent encore une fois la force et la richesse des auteur.ices jeunesse pour accompagner ce public exigeant s’il en est, dans ses tourments, ses inquiétudes, ses émotions… lui proposer des sujets qui le touchent, le questionnent… tout en lui donnant le goût de la lecture. Quoi de plus évident que de parler d’amour et d’amitié, ces sentiments indissociables de cet âge où l’on découvre qui l’on est et qui l’on aime ?

Passager de l’été de Jean-Philippe Blondel, emportera à coup sûr quiconque aime les romans initiatiques peuplés de personnages secondaires forts. La langue est vive, l’écriture fluide, on voyage avec empathie avec son héros Adrien, représentant d’une génération ultra connectée qui n’en demeure pas moins sensible aux enjeux contemporains. Son road-trip estival, au cours duquel il sera confronté à d’autres vies que la sienne, lui ouvrira notamment les yeux sur ce que sont les piliers de l’amitié et de la relation à l’Autre : confiance, solidarité, acceptation, respect.

« Resteront dans ma vie ceux qui en ont vraiment envie, en sortiront ceux qui ne sont pas réellement attachés. »

La chronique d’Héloïse ileautresor ICI sur Babelio

D’amitié, la vraie, cette fois-ci, il est aussi question dans le désormais classiques Les petites reines de Clémentine Beauvais. Et de grand voyage estival, aussi. Parfait pour les plus jeunes adolescent.es, mais pas que, les plus âgé.es, voire bien plus âgé.es, y trouveront leur compte : loufoque, irrésistible, drôlissime, enlevé, parfois émouvant, les qualificatifs ne manquent pas pour vanter les qualités exceptionnelles de ce roman où la tolérance et la sororité disputent à l’humour la tête du peloton dans la course à l’estime de soi.

« Inspirées par le courage des #3boudins, d’autres ados moches sortent du silence »

L’avis d’Héloïse Helolita là.

C’est dans une très belle histoire d’amitié que nous plonge Marie Boulic avec Nos étés sauvages, entre Maïwen (Maï) l’insulaire et Ninon (Nine) la vacancière, complices et inséparables malgré le temps, la distance et leurs tempéraments bien différents. Défis, dépassement de soi et des interdits, relations aux parents et au groupe, ce roman d’ambiance maritime touche par l’intensité de la relation entre Maï et Nine, par la justesse des portraits adolescents, par la gravité de l’élément perturbateur de cet été-là qui, vous l’aurez compris, sera différent des autres…

« Et ça, ça fait que même si elles ne se voient qu’un ou deux mois par an, elles sont comme des soeurs d’été, en fait »

Il y a 3 ans, le ministre de l’intérieur interdisait la vente aux mineurs du roman Bien trop petit de Manu Causse, publié dans la collection l’Ardeur des Editions Thierry Magnier, destinée aux adolescent.es pour les accompagner dans la découverte de l’amour et la sexualité, sans vulgarité ni scènes explicites outrancières. Pourtant, l’auteur n’en était pas à sa première parution, puisque Le point sublime était déjà sorti quelques années auparavant, sans susciter de réaction de la part des autorités. Pour avoir lu les deux, il semble d’ailleurs à Séverine que cette histoire est plus forte, plus subtile, plus intense aussi, que le roman précité. Il faut croire que les voies des censeurs sont… impénétrables…

« J’ai peur et j’aime deux garçons, la beauté de l’univers, le mystère de l’existence. Mon corps tremblant au milieu de ce vide immense. »

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Séverine espère que cette sélection vous aura plu et vous donnera envie de découvrir ces auteur.ices. Et vous, quels titres vous parlent d’amour ou d’amitié ? Un très bel été à toustes, plein de beaux sentiments. La semaine prochaine, Blandine fera rimer vacances avec détente !

Quand vacances rime avec… élégance

Après le billet de Lucie, Liraloin vous emmène dans le pays des livres animés. Des ouvrages qui se cachent dans vos médiathèques préférées. Ces livres ont ce petit côté magique qui surprend du plus petit au grand lecteur. En route vers l’élégance d’une page pop’up qui se déploie, un leporello ou un album aux volets à ouvrir …

L’élégance du livre tactile, du leporello et du livre à volets

Les doigts qui rêvent proposent des livres tactiles pour les tout-petits et c’est un régal que de découvrir ces ouvrages avec eux. Ces albums sont accompagnés également d’un texte en braille. Pour créer cet exemplaire il a fallu : « 14 pochoirs braille, 15 min de couture, 20 collages, 18 découpes soit 4h de façonnage. »

Dans ce livre à spirale de Catherine Colin paru en 2015, l’enfant va arpenter bien des chemins qu’ils soient doux, rugueux ou neigeux. Il pourra glisser son doigt afin de découvrir toutes les sensations de ces belles promenades livresques. J’aime lorsque les chemins de hasard s’ouvrent sur les chemins de la vie !

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Dans cet album d’Emma Giuliani paru chez Les Grandes personnes en 2015, les bulles de savon en relief colorées délicatement soufflées semblent vouloir éclater à un moment ou un autre. Sous le bord d’un chapeau, deux cerises se sont glissées sur une oreille et d’une main gourmande, les autres fruits muriront au fur et à mesure qu’une tirette sera actionnée. Que de souvenirs d’enfance dans cet album aux reliefs et pop-up colorés et les saisons qui passent n’altère en rien la tendresse d’un premier baiser.

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En voici un leporello GEANT (3m complétement déployé) ! Une frise sans texte au verso et un imagier au verso. Mizuho Fujisawa nous offre un paysage d’été où deux enfants vont déambuler dans la campagne. Le ramassage de pomme, une rencontre avec des animaux de la ferme et une excursion dans les bois rythment cette balade dépaysante ! Au verso l’imagier complète la lecture des paysages si on désire connaitre les animaux , insectes et végétaux

Dans ce coffret publié par les éditions Nathan en 2025, les enfants et leurs accompagnants découvriront les autres saisons.

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26 lettres de l’alphabet dans un leporello qui invite au jeu. Apprendre l’alphabet tout en s’amusant à lire les mots en script ou attaché, en lettres minuscules ou majuscules. Découvrir des couleurs cachées dans une boîte à pastel. Un à un des volets s’ouvrent pour laisser les matriochkas s’annoncer de la plus grande à la plus petite. Quelle joie de s’émerveiller des grandes lettres qui surgissent pour mieux les mémoriser. Dans cet album aux mille facettes de Pascale Estellon paru en 2016 chez Les Grandes personnes l’imagier abécédaire possède une saveur bien particulière : celle d’une originalité qui ne laisse pas indifférent et attise la curiosité du tout-petit.

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Quelle joie de trouver ces coffrets enfin disponibles pour nos tout-petits. Entre 1990 et 1992, 10 coffrets First Look sont diffusés par les Trois Ourses qui aujourd’hui n’existe plus. Cette année, les éditions Les Grandes personnes ont décidé de rééditer les trois premiers coffrets.

Le premier coffret est intitulé : Beginning for Babies

Le second coffret : Second Step for Babies

Le troisième coffret : Advanced for Babies

Les explications que donne la maison d’édition sont très complètes. Je parlerais plus de mon expérience de bibliothécaire concernant la manipulation de ces cartes qui se déplient. Lors de mes nombreux accueils dirigés vers les bébés de 0 à 3 ans, année après année, j’ai pu constater un engouement pour ces cartes qui laissent jaillir au grès des pliages et dépliages tout un monde de formes. Cette approche ne semble pas évidente lorsque nous sortons du livre « traditionnel » mais faite confiance aux bébés, ils savent ce qui est bon pour eux !  

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C’est un livre-accordéon infini, une histoire qui se répète ici ou ailleurs, intemporelle. Ce leporello nous fait traverser les doutes mais aussi la persévérance d’une jeune femme : « Je pense parfois que ma tête est trop petite ». Submergée dans les flots d’une langue qu’elle ne connaît pas, cette jeune femme s’interroge sur ses capacités à comprendre. L’espace d’un instant, il suffit d’observer son monde, se donner de la force et du courage pour s’améliorer.

Ne plus avoir peur en s’ouvrant à d’autres cultures est un message joliment mis en page dans cet album original d’Elisa Sartori paru en 2021 aux éditions CotCotCot. Le travail de l’illustration reflète exactement la poésie du texte. Le bleu immersif laisse peu à peu sa place au lendemain sans nuages, eux-mêmes porteurs d’espoir en l’humain et ses capacités à s’intégrer.

L’élégance du pop-up

Dès la naissance, à manipuler avec tendresse les petites mains boudinées ont tendance à attraper maladroitement très vite…)

David A. Carter, spécialiste du pop’up, nous offre ce livre si pétillant pour les yeux. Un lot de surprises, sculptures en papier, attendent le lecteur impatient de découvrir ce qui va bien pouvoir sortir de cette page. Les couleurs dominantes rouge, bleu et jaune apportent à cette dimension 3D une exploration visuelle originale.

Ce livre de David A. Carter, dès sa parution chez Gallimard jeunesse en 2007, a bercé la majorité des accueils que ce soit pour les petits comme pour les grands. Il reste mon pop’up préféré. En 2014, j’ai la chance de rencontré Monsieur Carter et de faire dédicacer mon album magique. Avec un anglais très approximatif (merci Brian is in the kitchen), je lui ai confié mon admiration de lectrice-utilisatrice-de-livre-magique.

Au grès des pages, aller de découverte en découverte en comptant ou non les pastilles trouvées sur ce chemin visuellement époustouflant (si si, paroles de professionnelle du livre).

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La Lune, fascinante et attractive fait partie de notre quotidien ou plutôt de nos nuits. Comment s’est-elle formée ? Quelles sont ses principales caractéristiques ? A-t-elle des supers pouvoirs ? Pourquoi la Lune est si importante pour l’équilibre de notre chère vieille Terre ? Elle peut parfois disparaitre et sa fascination a fait d’elle un satellite à conquérir. Ce documentaire répond à toutes ces questions de façon simple en s’appuyant sur des faits historiques et scientifiques tout en laissant une part de mystère.

Les illustrations apportent à cette aventure une dimension ludique surtout lorsque les pop-ups surgissent devant le lecteur. Telle une maquette, ces dessins en 3D nous invite à manipuler le livre dans tous les sens afin de ne pas passer à côté d’un détail.

Un livre de Anne Jankeliowitch & Olivier Charbonnel & Annabelle Buxton paru chez De La Martinière jeunesse en 2018

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Il y a des livres qui se démarquent dès l’ouverture de la couverture. Ici – dans cet album d’Anouk Boirobert et Louis Rigaud paru chez Hélium en 2013 – nous sommes, page après page, dans la découverte d’un nouveau paysage marin et sous-marin. Cette mer paisible laisse entrevoir dans son fond en relief, une baleine et son petit. Une magnifique plongée sous-marine nous attend dans les coraux dentelés tout en pop-up également d’où jaillissent une multitude de poissons colorés. Une découverte magique et informative !

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« Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu’on eût su voir… ». Jusque là, rien de nouveau, ce conte et cette version de Perrault, nous la connaissons. L’originalité réside dans les illustrations de ce petit livre de Dominique Lagraula paru chez Les Grandes personnes en 2019 mêlant découverte du texte en soulevant des volets et des personnages construits en pop-up. Le lecteur peut même tirer la chevillette quand le loup arrive devant la porte de mère-grand !

Le passage que je préfère est celui du mécanisme de la roue crantée. Une rouge symbolisant le Chaperon et en face sa jumelle noire pour le loup évidemment. Vas-y jeune lecteur tourne les deux roues en même temps et délecte-toi : « Ma grand-mère, que vous avez de grands bras ! » et de l’autre côté de la page : « c’est pour mieux t’embrasser, ma fille. ». Vite la suite, celle du loup qui ouvre la gueule pour ... »te manger »!

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Il y a 80 ans, ce récit était publié en France. Depuis, il ne cesse d’être lu par des milliers d’élèves. Ce classique de la littérature jeunesse a été maintes fois illustré. D’ailleurs, des jeux, des carnets et autres joyeusetés se retrouvent sur les étagères des librairies pour notre plus grand plaisir.

Ici c’est la version du studio de création MinaLima qui est proposée et je n’aurais jamais relu ce texte si une amie ne me l’avait pas offert. Elle se reconnaîtra…

En traversant les chapitres, j’ai découvert des dessins à déplier ainsi que des volets à ouvrir délicatement. Les illustrations sont très colorées et le doré domine comme l’écharpe du Petit Prince. C’est un vrai petit théâtre qui se déploie devant nos yeux. Fan du texte d’Antoine Saint-Exupéry, ce livre est pour vous !

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La semaine prochaine, Séverine fait rimer vacances avec l’Amour et l’Amitié dans un billet à ne pas manquer.

Liraloin vous souhaite un bel été, et de belles lectures passionnantes d’élégance !

Vacances rime avec immenses… plages de temps

C’est l’été, et les plus chanceux sont peut-être déjà en congés. Cette année, pour accompagner la pause estivale, nous avons décidé de faire rimer les « vacances » avec ce qu’elles nous inspirent. L’occasion de vous proposer chacune notre tour des billets plus personnels, mais aussi et toujours des livres qui nous ont touchées.

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Lucie ouvre le bal, et pour elle les vacances riment avec ces immenses plages de temps qui offrent la possibilité de se ressourcer au contact de la nature mais surtout de prendre son temps. Si nous courrons tous tout le temps, tiraillés entre de multiples sollicitations, l’été est le moment où l’on peut sortir de la roue du hamster et profiter.

Mais le temps, qu’est-ce que c’est ? Voilà une notion bien compliquée à concevoir pour la plupart des enfants ! Il faut déjà faire la différence entre le temps long, celui qui englobe une grande partie de l’humanité comme le font ces deux albums :

Commençons avec Notre Histoire, la tentative d’Oliver Jeffers pour expliquer l’évolution de l’humanité. Il s’interroge sur l’événement qui a marqué les débuts (le feu ? la préhension ? la bipédie ?) tout en questionnant la notion de frontière et notre avenir en tant qu’espèce.
Vaste programme, surtout que l’auteur-illustrateur s’est donné comme mission de contrer la morosité ambiante avec un optimisme (et un rose fluo) à toute épreuve.
Sa théorie : prendre un peu de recul permet de se rendre compte que la Terre n’accueille que des « nous » et amorcer un nouveau récit, tourné vers les autres.

Notre histoire, comment nous en sommes arrivés là et où nous pourrions aller, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 2024.

Retrouvez la lecture commune de ce titre ICI.

De son côté, Johanna Schaible propose avec Ce qui sera un incroyable livre gigogne qui retrace l’histoire de notre planète sur des millénaires… jusqu’à son petit instantané central, qui appelle à faire un vœu, à se projeter dans l’avenir. Cela tombe bien car c’est justement l’objet de la seconde partie de cet album. L’auteure invite son (jeune) lecteur à imaginer sa vie dans quelques jours puis dans quelques années, grandissant en même temps que le format des pages. Les illustrations sont somptueuses : paysages peints à la brosse, découpages et minuscules silhouette ; et l’expérience passionnante.

Ce qui sera, Johanna Schaible, La Partie, 2025.

Et le temps à l’échelle d’une vie, voire même d’une semaine pour les plus petits avec les deux titres suivants :

Au début, il n’y avait qu’un néflier. Planté dans le jardin d’une maison, il est le témoin privilégié de la vie de la famille qui y habite. Le passage du temps est donc forcément subjectif : parfois rapide, parfois lent, avec simplement quelques indication de dates. Le lecteur peut d’ailleurs s’amuser à retrouver les membres de la famille aux différents âges de leur vie.
Il y a très peu de texte dans cet album porté par les douces illustrations de Julia Spiers. Elle y a glissé de petits clin d’œil à destination des adultes, qui ne manqueront pas d’identifier certains objets de leur enfance.

Au début, Ramona Bădescu, Julia Spiers, Les Grandes Personnes, 2022.

Cet album a aussi fait l’objet d’une lecture commune à lire ICI.

Si le concept du temps n’est pas facile à cerner pour les enfants, celui qui les séparent du retour de leurs parents l’est encore moins ! C’est le sujet de cet adorable album cartonné de Victoria Kaario, à la fois très concret (nombre de vêtements, durées déterminées) et d’une poésie rare. La superbe mise en couleurs de Juliette Binet y est pour beaucoup mais il se dégage aussi beaucoup de bienveillance du texte.

Le temps est rond, Victoria Kaario, Juliette Binet, Le Rouergue, 2023.

Et pour les vrais curieux, des ouvrages à portée philosophiques développent cette thématique :

Ce tome des Goûters philo consacré au temps est remarquable. Dans toutes les familles, le temps est à la source de la plupart des tentions. Les auteurs nous proposent ici de réfléchir à ce concept tout en discutant de notre vision du temps. Est-il impératif d’en gagner ou de le prendre ? Vaut-il mieux le remplir ou le perdre ?
Cela dépend évidemment du moment, mais aussi de notre rapport à la vieillesse et à la mort.
Nous mettant face à nos contradictions, les auteurs nous invitent à prendre le temps d’en discuter avec nos enfants. Pour convenir ensemble de plages libres dans des emplois du temps surchargés ou pour comprendre que adultes et enfants sont soumis au même temps ? Peu importe. Comme toujours l’essentiel est d’ouvrir le dialogue et d’être à l’écoute.

Prendre son temps et perdre son temps, Brigitte Labbé, Michel Puech, Jacques Azam, coll. Les Goûters Philo, Milan, 2006.

Christophe Bouton a fait avec cet ouvrage un effort de vulgarisation considérable. Expliquer le concept du temps à des enfants… vaste projet ! L’auteur met en vis à vis ses explications et des citations de grands philosophes s’étant penchés sur la question. Moins ludique que la collection des Goûters philo, cet ouvrage s’adresse à un lectorat un peu plus grand, mais le ton se veut très accessible, notamment par l’emploi du « tu ».

J’ai pas le temps !, Christophe Bouton, Jochen Gerner, coll. Chouette penser !, Gallimard jeunesse, 2010.

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Une fois le concept intégré avec plus ou moins de facilité, une question demeure : du temps oui, mais pour quoi faire ? Et d’ailleurs, est-ce obligatoire d’en « faire » quelque chose ?

Davide Cali et Alexandra Huard vous invitent pour Un week-end de repos absolu ! Le papa laisse son journal économique, la maman son téléphone portable et les voilà partis pour une pause champêtre bien méritée. Sauf que les habitudes ont la vie dure, et qu’il y a toujours quelque chose à faire. Le week-end file, les activités aussi. Avec humour et tendresse, cet album questionne notre tendance à vouloir toujours remplir le temps d’une multitude d’activité et propose de remettre en cause nos habitudes.

Un week-end de Repos Absolu, Davide Cali, Alexandra Huard, Sarbacane, 2013.

La couverture et le titre de ce Grand jour de rien sont très évocateurs. Ne rien faire, s’ennuyer, c’est essentiel pour un enfant. C’est dans ces moments de creux, de « vide » qu’il va s’intéresser au monde qui l’entoure et que son imagination va s’épanouir.
Alors qu’il vient de perdre son jeu vidéo et qu’il craint de s’ennuyer, le héros de cet album va faire des découvertes merveilleuses dans la nature qui l’entoure. Beatrice Alemagna est au auteure qui sait mettre en valeur les petits riens qui font le sel de la vie, et cet ouvrage envoûtant en est un parfait exemple.

Un grand jour de rien, Beatrice Alemagna, Albin Michel, 2016.

Ce titre avait été présenté par Isabelle dans l’article que nous avions consacré aux classiques de cette auteure-illustratrice, à lire ICI.

Avec le temps que nous consacrons à la lecture sur ce blog, il était évident de mentionner cette occupation ! Ainsi, un livre mettant en lumière les lecteurs de l’impossible, qui parviennent à lire malgré les distractions de leur environnement, trouve forcément écho chez nous. Dans ce chouette hommage aux grands lecteurs, Timothée de Fombelle se propose de nommer 101 des 36 000 façons de lire illustrées de manière très parlante par Benjamin Chaud.
Je ne doute pas que chaque lecteur trouvera la (les) sienne(s) et donc le nom poétique qui lui convient.

101 façons de lire tout le temps, Timothée de Fombelle, Benjamin Chaud, Gallimard jeunesse, 2022.

Rébecca Dautremer explore la thématique du temps dans tous les titres de la série consacrée à Jacominus Gainsborough. Mais ce quatrième tome accorde une place particulière à la construction d’une amitié. Et pas n’importe laquelle : l’amitié d’une vie !
Jacominus se réveille de sa sieste avec les réminiscences d’un souvenir, mais il ne parvient pas à le retrouver. Son ami Policarpe lui fait des suggestions qui remontent le fil de leur histoire d’amitié jusqu’à son élément fondateur.
Tant les illustrations que le texte sont emprunts d’une douceur intemporelle qui donne envie de célébrer le temps consacré à l’amitié.

Une chose formidable, Rébecca Dautremer, Sarbacane, 2023.

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Reste cette triste vérité : si le temps est cyclique et a priori infini, celui qui nous est accordé sur terre est compté. Alors, que faire si on n’a plus de temps ? Déjà se préparer à l’idée afin de faire des choix en accord avec nos envies et nos valeurs

Difficile d’évoquer l’aspect éphémère de certains événements avec les enfants. Petites et grandes disparitions peuvent facilement les bousculer. Dans Les choses qui s’en vont, Beatrice Alemagna rend le concept évident par un jeu de calques à la fois bien pensé et très ludique. Sans rien ôter à la délicatesse de l’album aux douces illustrations.
Mention spéciale à la conclusion, réservée à ce qui ne s’en va pas, et dont l’interprétation est laissée au petit lecteur.

Les choses qui s’en vont, Beatrice Alemagna, Hélium, 2019.

Ce titre avait été présenté par Lucie dans l’article que nous avions consacré aux classiques de cette auteure-illustratrice, à lire ICI.

Et tant qu’il reste du temps, rien n’empêche de rêver sa vie, et ainsi de la démultiplier les quelques heures qui nous restent.

Ne vivons nous pas chaque jour une vie entière ?

Inspiré par le journal d’Etty Hillesum, Timothée de Fombelle trace de sa plume délicate des souvenirs en suspension, une vie inventée en une nuit pour faire durer l’espoir. L’engagement et la sensibilité de Claire sont particulièrement émouvants. Elle s’invente des souvenirs de moments de presque-rien qui font le sel de la vie. Aux grandes joies et aux drames, elle préfère la chaleur d’un toit en été, une lumière ou une odeur. Ou comment l’imagination permet de vivre une vie en une nuit.

La vie entière, Timothée de Fombelle, Gallimard, 2026.

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La semaine prochaine, Liraloin fait rimer vacances avec élégance dans un billet à ne pas manquer.

Lucie vous souhaite un bel été, et de longues plages de temps à consacrer à vos proches, vos passions, vos amis… ou à ne rien faire !

Nos coups de coeur de juin

Écrasées par la chaleur, nous nous réfugions dans les bibliothèques et librairies climatisées. Une excuse parfaite pour lire au frais et préparer la PAL de l’été. Voici donc nos chouchous de juin, en espérant vous donner envie de les découvrir !

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Lucie a découvert Mitsuo sur les bons conseils de Liraloin, et cette lecture l’a profondément touchée. Comment ne pas craquer pour cette maman qui met sa vie entre parenthèse pour entrer dans le monde imaginaire de son enfant ? La vision de la neuroatypie est traitée avec beaucoup de délicatesse mais sans cacher les obstacles auxquelles fait face la famille. Difficultés de communication, instituts spécialisés, jugement de l’entourage… Aussi quand la maman de Sacha suit son instinct et l’emmène à la campagne, le lecteur se laisse entrainer dans le monde de Mitsuo, porté par les illustrations lumineuses de Gijé. Le second tome de cette série paraitra en septembre, et nous avons d’ors et déjà prévu d’en faire une lecture commune !

Mitsuo – Partie 1, Jérôme Hamon, Gijé, Le Lombard, 2024.

L’avis de Lucie, de Liraloin et d’Héloïse.

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C’est en préparant l’article sur les albums des éditions du Rouergue que Lucie a découvert le travail de Bruno Heitz. Depuis elle emprunte tous les titres de cet auteur qu’elle trouve, et particulièrement ceux qui sont illustrés par des photos de maquettes. Elle a tout particulièrement apprécié ce titre qui présente une chèvre qui prend son destin en main. Si on peut lire cet album comme une métaphore de l’évolution de la conditions de la femme, il est aussi génial au premier degré. La chèvre tient tête à monsieur Seguin, apprend à conduire et fabrique ses propres fromages. Et le loup dans tout cela ? Il est bien là, mais il faudra lire cet album pour découvrir quel est son rôle !

La huitième chèvre de monsieur Seguin, Bruno Heitz, Le Genevrier, 2022.

Son avis complet ICI.

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Liraloin n’a pas été déçue par le dernier roman de Mary Orchard. Quel bonheur de retrouver sa plume dans un roman fantasy (ce qui est loin d’être sa tasse de thé!).

Dans cette histoire, Mary Orchard nous embarque dans un monde où la magie court un grave danger. Cette liberté acquise, protégée depuis des décennies risque de disparaître. Solidement ancrée dans ses personnages, l’autrice nous ouvre les yeux chapitre après chapitre sur l’anéantissement d’un monde imminent. J’ai été complétement absorbée par cette aventure mêlant fantasy et triste actualité. L’Amour que porte Mary Orchard à ses personnages nous touche profondément. Avide de liberté et de vérité, ce roman à l’écriture forte et empathique ne pourra que vous séduire.

Métamorphosis de Mary Orchard, Casterman, 2026

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Héloïse Hélolitla a lu beaucoup de titres engagés pour ce mois des fiertés. A commencer par Toutes celles que je suis, de Cordélia.

Clara, qui est en première année de fac et se pose de nombreuses questions : sur elle, sur celle qu’elle voudrait être. Entre les études qui l’ennuient, sa petite amie qui est loin, sa passion pour la fan-fiction et le cosplay, et ses nouveaux ami-es, rencontrés en ligne, elle se sent tiraillée. Elle ne sait plus vraiment qui elle est…

Héloïse a été touchée par cette quête identitaire, celle d’une jeune femme perdue, qui se pose beaucoup de questions. Elle a adoré le personnage de Clara, mais aussi son groupe d’ami-es cosplayers touchants. La richesse, la diversité et l’inclusivité des personnages, l’univers du cosplay, des fan-fictions, tout lui a plu dans cet ouvrage qui fait la part belle à l’acceptation de soi et des différences !

Toutes celles que je suis, de Cordélia. Slalom. 2026

Sa chronique complète ICI.

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Chonchon et la licorne était très attendu chez Héloïse, et pour cause, son fils est archi fan du fée-cochon. Aussitôt reçu, aussitôt lu, et mère et fils ont été conquis par ce nouvel opus. Chonchon fait face à un concurrent, et pas n’importe lequel : une licorne. Cette dernière lui « pique » tous ses clients. Et oui, qui a besoin de vœu, quand il peut devenir une licorne ?

Une nouvelle aventure fofolle et colorée, et surtout de nouveaux thèmes : l’aspect « influence » et popularité, le côté éphémère de la célébrité, mais aussi la rivalité, et la solitude. C’est pertinent, juste, émouvant… et drôle, toujours ! On suit le héros dans la tourmente, il reste fidèle à lui-même : il fait preuve d’esprit critique, il reste altruiste et foncièrement bon.

Un album adorable, qui derrière ses couleurs flashy et ses personnages hauts en couleurs, casse les codes et invite à réfléchir !

Chonchon et la licorne, de Stéphane Servant et Laetitia Le Saux. Didier jeunesse, 2026

La chronique complète d’Héloïse ICI.

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Blandine a succombé pour deux albums, à la fois très différents, tant dans leurs formes que leurs propos mais qui peuvent tout à fait se rejoindre pour donner du sens à la vie et l’embellir même.

Choisir la gentillesse. Kobi YAMADA et Charles SANTOSO. Le Lotus et l’Eléphant, 2026

Avec l’album Peut-être, Blandine était tombée sous le charme des mots de Kobi Yamada et s’est laissée emporter par chacune de ses parutions. Dans cet album, l’auteur nous (r)appelle la force de la gentillesse, combien elle apporte à chacun, autant à celui qui la reçoit qu’à celui qui en fait preuve. Et combien la gentillesse est aussi empathique que géénreuse.

Plus qu’un trait de personnalité, c’est aussi un acte nécessaire de résistance dans ce monde qui se durcit et se radicalise.

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La vie, même pas peur. Maya ANGELOU et Jean-Michel BASQUIAT. Cot-Cot Editions, 2026

Le poème de Maya Angelou (paru dans le recueil And Still I rise en 1978), véritable ode à l’encouragement, à l’empouvoirement, au défi, face aux difficultés que la vie sait mettre sur nos chemins, est accompagné des tableaux de Jean-Michel Basquiat, dont les émotions puissantes, parfois violentes, rendent un hommage vibrant à l’enfance. Deux univers pour un même élan : Faire Face !

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Créer des albums à la fois sérieux et joyeux, Anne Cortey, c’est un peu sa spécialité…Coup de cœur de Séverine, en juin, pour une belle fable animalière qu’elle nous raconte, accompagnée par les jolies illustrations tamponnées, garanties sans IA (sauf si I = imagination et A = Authentique), de Julia Wauters. A elles deux, avec la complicité des éditions Sarbacane et d’Amnesty International, elles rappellent, avec tambour et trompette, que l’humanité peut retrouver le sens de la fête, à condition d’accepter qu’un autre son de cloche puisse donner le bon ton ! Qu’avec un peu de tolérance et d’ouverture à l’autre, on peut s’enjailler sans pinailler, ni chercher la petite bête ou des poux dans la tête de l’animal d’en face. Qu’en serrant bien les rangs de la fraternité, vent debout contre l’inimitié, nous pouvons devenir des assoiffés d’azur, des poètes et des fous…Moralité : si la musique adoucit les mœurs, la littérature jeunesse attendrit les cœurs.

Fanfare, d’Anne Cortey et Julia Wauters, Sarbacane, Amnesty International, édition 2026

Et vous, quelles ont vos plus belles lectures de ce mois de juin ?

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