Nos coups de coeur de septembre

En cette saison encore estivale, nous aimons prolonger nos lectures au soleil avant de bientôt trouver refuge sous un plaid bien chaud. En attendant que l’automne s’installe véritablement, voici nos belles lectures de ce mois de septembre.

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Liraloin a un peu moins lu d’albums ou de romans jeunesse ces derniers mois, il y a cependant deux titres qu’elle souhaitait mettre en avant. Il s’agit de deux albums publiés cette année qui s’adressent aux tout-petits : Loupiotes de Marine Rivoal et Premier souffle de Hu Yifan.

Loupiotes de Marine Rivoal – Les Grandes personnes, 2026

Le bain est donné, l’histoire est racontée, le doudou est paré de son jaune lumineux et accompagnera ce bébé vers le doux moment de l’endormissement. Loupiotes comme ces petites touches de lumières çà et là qui viennent éclairer la nuit. Bienvenue dans le monde où le papillon viendra chercher sa lumière, où le phare illuminera la mer, où le jour semble vouloir se pointer sur nos loupiot(e)s. La tête remplie de rêves qui glissent lentement vers le réveil, bébé pourra enfin saluer le lever du soleil printanier.

Avec une grande délicatesse, Marine Rivoal joue sur l’ombre et la lumière. Dans cet album sans texte, la technique utilisée pour la réalisation des illustrations nous invite à la quiétude comme si le rêve envahissait lentement l’endormissement du bébé. Une histoire douce qui laisse le temps s’échapper vers le monde de la nuit.

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Premier souffle de Hu Yifan – HongFei, 2026

Si le Mont Fuji entrait en irruption, il nous montrerait d’abord son calme légendaire « inspire » pour mieux laisser échapper la lave volcanique brûlante « expire ». La grenouille inspire pour expirer un souffle qui sort de sa gorge gonflée d’air. L’escargot fait beaucoup d’effort pour sortir de sa coquille. Quant aux pissenlits, au moindre souffle la Nature fait s’envoler ses pistils cotonneux. Ensemble nous pouvons ressentir le calme lorsque notre « machine » s’arrête et stoppe ses pensées…

La couleur domine cet album où le monde animal et végétal est célébré. Soyons à son écoute, inspirons-nous d’eux pour mieux accueillir ces petites vies qui naissent aux quatre coins de la planète.

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Pour cette rentrée, HannaisPaul a voulu faire partager son coup de cœur « local » : Paloma Pumpkin : journal de bord d’une piratesse. L’histoire suit une jeune fille intrépide en quête d’aventure.

L’autrice Vanessa Simon Catelin et l’illustrateur François Soutif ont créé cet album entièrement en partenariat avec le port d’Honfleur avec l’ambition de faire connaître l’histoire de ce port magnifique et pittoresque aux plus jeunes.

Paloma Pumpkin, journal de bord d’une piratesse – Ecole des Loisirs, 2026

« L’intrépide Paloma Pumpkin ne rêve que d’une chose : prendre la mer et devenir piratesse ! Alors quand elle découvre une mystérieuse carte au trésor, elle n’hésite pas une seconde et grimpe à bord du Passereau, le navire du redouté capitaine Gaillard. Très vite, elle découvre que derrière les trésors convoités se cache une sombre réalité : celle de femmes et d’hommes réduits en esclavage… » (Résumé de l’éditeur)

Dans ce livre, il est question d’esclavage mais aussi de marchands de couleurs. Le père de l’héroïne tient sur port une échoppe de couleurs dans laquelle les artistes viennent chercher un bleu unique. L’aventurière accompagnée de son ami découvre au cours de leur cheminement un endroit magnifique où ce bleu est créé.

L’illustrateur intègre dans ses planches à l’aquarelle cette couleur lumineuse et les teintes employées tout au long de l’ouvrage le font ressortir.

Séparée en plusieurs parties, l’histoire emporte les enfants dans les péripéties de Paloma à la manière d’un journal (bah oui en même temps, c’est écrit dans le titre…).

C’est un texte plein d’espoir, de féminisme et d’aventure qui permet aux enfants d’entrer dans une époque assez sombre de notre histoire et c’est un très bel objet avec son dos en tissu et sa couverture épaisse.

Une belle idée de cadeau en somme !

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Après un été consacré à la littérature générale, Lucie a retrouvé avec bonheur sa PAL de littérature jeunesse. Beaucoup de belles découvertes, parmis lesquelles Va te changer !, J’ai vu un magnifique oiseau, Non réparable, Flanby, Comment j’ai raté ma vie, Photo au zoo, L’été où j’ai (enfin) eu chaud dont elle met les liens vers ses avis pour les curieux. Cela a été difficile de faire un choix mais deux titres se sont finalement détachés.

La Baie des Baleines-Pleines – La fugue de Mara, Frédérique Blu, Hélium, 2026.

Ce titre plein de promesses figure dans la sélection du prix Vendredi. Lucie a d’abord été séduite par la plume de Frédérique Blu, qui est aussi poétique et délicate que le titre le laissait l’espérer. Mais aussi par ce beau personnage de Mara, qu’elle a adoré accompagner tout au long de son voyage vers la Baie des Baleines-Pleines, et un peu au-delà. Son attention aux éléments naturels, son amour pour son frère, sa rencontre avec Padraic… tous ces fils sont parfaitement entremêlés et l’ont profondément touchée. Cela ne fait aucun doute : elle lira le prochain roman de Frédérique Blu.

Nous préparons naturellement un article pour vous présenter la sélection, mais si tous les titres sont de ce niveau cela va être très compliqué de pronostiquer un lauréat !

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La vie même pas peur, poème de Maya Angelou, illustrations de Jean-Michel Basquiat, Cotcotcot, 2026.

Lucie connaissait Maya Angelou de réputation sans avoir jamais rien lu d’elle. Cet album qui la voit associée à Jean-Michel Basquiat était l’occasion de sauter le pas. Il s’agit d’un long poème qui n’a pas pris une ride, rythmé par le refrain « la vie, même pas peur ». L’éditrice a réalisé un travail de documentation extraordinaire pour trouver les œuvres de Basquiat qui dialoguent avec les mots de la poétesse. Le résultat n’est pas seulement beau, la portée de l’oeuvre des deux artistes est démultipliée par leur association. C’est à la fois étonnant et stimulant. Pour ne rien gâcher, l’objet-livre est particulièrement soigné avec dos en toile et papier épais. Quel plaisir de sentir immédiatement qu’on a un objet d’art dans les mains !

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Héloïse a été très émue par la lecture du Webtoon Tes lettres, de Cho Hyeon A.

Le pitch ? Une jeune lycéenne, harcelée, change d’école pour ne plus avoir à subir les brimades de ses camarades.

Mais arrivée dans son nouvel établissement, elle n’arrive pas à s’ouvrir aux autres, traumatisée par son expérience passée. C’est alors qu’un jour, elle trouve une lettre scotchée sous sa table. Lettre qui se révèle être un véritable jeu de piste.

Héloise a eu le cœur serré par cette lecture, avant d’être happée par le mystère des lettres et des indices. Contrairement à ce qu’elles craignait, si le debut est difficile car douloureux, la suite est lumineuse. Il faut dire que l’univers créé par l’autrice est envoûtant, presque magique ! Les illustrations, grises et froides au début de l’histoire, deviennent par la suite colorées, et très lumineuses.

Harcèlement donc au progrès, mais aussi et surtout amitié, avec ces liens indéfectibles qu’on peut nouer et qui nous apportent beaucoup. Cette amitié qui repousse les ténèbres et rend plus fort. Tes Lettres est donc un graphique qui fait du bien, qui part du laid pour emmener vers le beau…

Tes lettres, de Cho. Hyeon A. Milan, 2026.

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Séverine a, comme Lucie, lu beaucoup de littérature générale en septembre, rentrée littéraire oblige, néanmoins, elle n’a pas tout à fait délaissé la littérature jeunesse. Son coup de cœur absolu a la particularité de mettre en scène un personnage masculin adolescent très fragile, loin des stéréotypes que nous impose parfois une société où patriarcat et culte du virilisme semblent encore avoir de beaux jours devant eux, tout en un dressant le portrait ambivalent et très subtil d’un personnage féminin, aussi surprenant que déroutant.

Jeanne, jusqu’à preuve du contraire, est un roman pour grand.e.s adolescent.e.s inspiré d’un fait réel américain d’il y a quelques années, transposé en France. Il relate la relation entre Barnabé, adolescent dépressif malgré des conditions de vie plutôt agréables, et Jeanne, issue d’un milieu bien moins favorisé, avec laquelle il échange des milliers de SMS. Ell est à la fois sa confidente, sa « petite-amie » même s’ils ne se sont rencontrés que 3 fois, et sa…sa quoi ? Sa meurtrière à distance ?! C’est la question que nous nous posons tout au long de cette histoire terrifiante. En effet, si au départ Jeanne luttait pour ne pas laisser Barnabé s’enfoncer dans sa dépression, elle finit par l’inciter à passer à l’acte. Elle est au téléphone avec lui au moment de sa mort. Au travers de leurs échanges de messages, nous sommes d’abord témoins de l’évolution de leur relation, et de l’enquête pour déterminer le rôle de Jeanne dans le suicide de Barnabé. Nous suivons enfin son procès, censé nous éclairer sur la culpabilité, ou non, de la jeune fille. Tout au long du récit, l’alternance des points de vue, – voisine, camarades de classe, de sport, famille, ami.e.s, enquêteurs, journalistes, etc.- bouscule nos premières impressions. Sur elle, tout le monde a un avis, tout le monde la juge, mais au fond, personne ne la connaît. Et quand la Défense entre en scène, c’est un tout autre visage que celle d’une manipulatrice sans scrupule qui se dessine. Dans ce roman choral ample et puissant, à la fois glaçant, terrible, et surtout très intelligent dans la manière qu’il a de nous faire douter de tout, de ne pas trancher, d’interroger notre conscience, rien n’est blanc ou noir, tout est nuancé et c’est ce qui en fait sa très grande force. Il questionne à la fois le déterminisme social, les réseaux sociaux, le harcèlement, la solitude, l’éco-anxiété, la santé mentale, autant de sujets très contemporains auxquels la jeunesse d’aujourd’hui ne peut se soustraire. Fascinant, haletant, suffocant, malaisant, implacable, brillant, bouleversant, tels sont les adjectifs que Séverine retiendra de sa lecture de cet exigeant roman, à ne peut-être pas mettre entre toutes les mains, mais d’une acuité impressionnante.

Jeanne, jusqu’à preuve du contraire, de Julien Dufresne-Lamy, Actes Sud jeunesse, septembre 2026

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Hélène de son côté a découvert la série Détective Prout. Mi-album, mi- BD, ces petites enquêtes passionneront les enfants à partir de 7 ans. En effet pour la rentrée, quoi de mieux que de réfléchir tout en s’amusant !

Série japonaise, elle se distingue par le côté kawaï des illustrations. Le célèbre détective à la tête en forme de fesses est accompagné de Brownie, un petit chien très mignon et plusieurs autres personnages complètent cet univers au gré des différentes enquêtes.

Les points forts qui ont conquis Hélène sont bien entendu l’humour et le format ! Au-delà de ce que pourrait laisser penser le titre, nous sommes face à une narration très intelligente et à des indices semés ça et là qui rendent la lecture interactive : idéal pour l’âge visé !

Humour, réflexion et belles illustrations, voilà de quoi attirer le plus grand nombre vers la lecture : nous avons tous les ingrédients d’un succès ! Avec 7 tomes à ce jour parus depuis début 2025, il y a de bons moments à passer soit en lecture autonome soit en famille !

Bonnes enquêtes à tous !

Détective Prout, Troll, éditions Nathan, 2025-2026

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Pour Noémie, le coup de cœur de septembre, c’est La colo des Vampires de Violet Chan Karim L’automne est là et Halloween approche donc rien de tel qu’une BD qui parle de Vampires pour se mettre dans l’ambiance du temps qui file. (Même si cette dernière se déroule en été, elle colle parfaitement à la Spooky season qui commence.)

Nous allons suivre la mésaventure de Maya, une jeune fille passionnée de cuisine qui est ravie de participer à une colonie de vacances culinaire. Malheureusement, elle va se retrouver dans une colonie de Vampires ! Et là, on pourrait penser que c’est le drame, mais Maya va réussir à bien s’intégrer dans le cercle des buveurs de briquettes de sang.

Une bande dessinée colorée, aux dessins aisés, qui plait aux petits. Une bande dessinée posée, pour évoquer des sujets sérieux qui aideront les plus grands. Une bande dessinée qui réunit les générations autour de l’humour, l’amitié et l’acceptation.

La colo des vampires, de Violet Chan Karim, Hachette, 2025

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Et vous, quels sont vos coups de coeur de septembre ?

Notre auteure essentielle : Marie Colot

C’est une auteure incontournable en littérature jeunesse. Essentielle, même, dirons-nous… A l’ombre du grand arbre, nous l’avons souvent citée, individuellement, dans des sélections thématiques ou parmi nos coups de cœur, aujourd’hui, le temps du collectif est venu. Aussi souhaitions-nous consacrer à Marie Colot un article complet, pour rendre hommage à son grand talent, sur tous les fronts : en albums, en romans junior, en ados…où elle s’empare de sujets actuels, importants, avec un regard d’une humanité rare.

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Pour Liraloin, la perspective de retourner au Japon l’a conduite à choisir Mori graines de géants dans les forêts urbaines d’Akira Miyawaki. Mikiko a huit ans lorsque sa curiosité de future carnettiste la pousse à observer son voisin Akira Miyawaki planter des arbres et fleurs afin de végétaliser ce béton tokyoïte.

Voici une lettre écrite après le décès du vieux monsieur …

« Akira-San,

Lorsque j’étais enfant, ce que je voyais le plus étaient tous ces fils électriques emmêlés, suspendus en amas. Je m’imaginais que c’était des lianes d’une forêt vierge d’un pays lointain remplie de papillons géants ou autres insectes un peu suspects. Je jouais à ne plus penser que je vivais dans cette énorme ville où la verdure ne jaillissait que des parcs et des temples. Akira-San vous avez changé la vie de tellement d’habitants de mon immeuble. De leur fenêtre maintenant ils peuvent admirer ces beaux kuri shibaguri. Vous savez, je suis toujours en admiration devant le kobushi que nous avons planté ensemble un doux matin de printemps. Je ne vous remercierais jamais assez de votre dévouement.

Arigato gozaimasu – et comme vous le disiez si bien : « Shizen no manimani » (laissons la nature suivre son cours)« 

Mori de Marie Colot et illustré par Noémie Marsily – CotCotCot éditions, 2024

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Lucie est très sensible au thème de la différence en général, et du handicap en particulier. Elle a donc choisi Les oiseaux rares qui raconte avec beaucoup de tendresse le lien unissant Violette et sa tante Hortense. Voici quelques souvenirs que Violette souhaite partager.

Tu te rappelles de la première fois où tu m’as parlé des oiseaux ? Moi pas, j’aimerais que tu me la racontes. Peut-être as-tu imité le chant de l’un d’entre eux pour attirer mon attention ? Je devais être minuscule, j’ai l’impression que nous avons toujours partagé cette passion !

La colère de maman la fois où elle nous a surprises en train de terminer de goûter… c’est bien simple il ne restait plus rien dans le placard. Nous avions dévoré tous les biscuits et les bonbons. Quel mal de ventre nous avons eu ! Mais impossible de se plaindre sous peine de raviver sa fureur.

Je me souviens de ce trajet en bus. Je t’avais raconté la bêtise qu’avait faite un camarade de classe et tu avais ri à gorge déployée. Tous les passagers s’étaient retournés et t’avaient jeté des regards choqués. Je m’étais demandé : qu’y a-t-il de si étonnant à rire ?

Impossible d’oublier ton premier soir à l’institut spécialisé. Tu n’avais pas pu venir me chercher à l’école. Pour la première fois j’ai goûté seule chez grand-père. Il me répétait qu’il n’avait pas le choix, mais cela ne me consolait pas du tout. J’étais prête à tout pour te retrouver et m’assurer que tu y étais bien entourée.

Les oiseaux rares, Marie Colot, illustrations de Ella Coutances – Actes Sud jeunesse, 2025.

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Héloïse adore la plume de Marie Colot et ses héros à vif. Elle a donc choisi de vous parler d’Eden, fille de personne, roman lumineux, bourré d’optimisme, sur la résilience, la capacité à surmonter les épreuves, et ces mains tendues qu’il ne faut pas hésiter à saisir.

Chère Eden,

Mais quel choc quand j’ai découvert le triste sort qu’on réserve aux enfants à adopter aux États-Unis. Le sort qu’on t’a réservé, toi qui a été ballottée de famille en famille.

Ce marché de la réadoption, avec ses catalogues d’enfants, ses vidéos en mode « adoptez-moi », ces enfants qui doivent littéralement « se vendre », y perdant à chaque fois un peu de leur âme, et les dangers qu’ils encourent… cela m’a tout simplement révoltée.

Tu m’as beaucoup touchée, Eden, j’ai aimé ta force, ton caractère, tes grandes désillusions, tes peurs. Comment faire confiance quand on a été trahie, y compris par les personnes qui sont le plus proches de nous ? Comment croire au bonheur, quand un drame nous en a privé la dernière fois ?

Tu ne te laisses pas abattre, tu as ton rêve d’émancipation devant toi, et puis tu n’es pas seule. Il y a ton éducateur Peter, certes, mais surtout Tomorrow, ce chien qui t’es si cher, et aussi Damon…

Cela m’a fait plaisir de te voir changer. De te voir mettre de côté la colère, et la culpabilité pour t’ouvrir à nouveau, comme un papillon sort de sa chrysalide.

Grâce à toi, j’ai redécouvert l’importance de l’amour, de la confiance, de cette famille de cœur que l’on se trouve quand la nôtre n’est plus là.

Merci de nous avoir partagé ton histoire !

Eden, fille de personne, de Marie Colot. Ed. Actes Sud, 2021

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Hélène a également été très sensible à l’humanité qui se dégage de la plume de Marie Colot. Elle a donc choisi un album et un petit roman à mettre entre toutes les mains, qui parleront au coeur des plus jeunes.

Dans Et si ça existait, joliment illustré par Ian de Haes, Achille, à qui sa soeur Salomé pose la traditionnelle question : « Et toi, qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? », imagine tout un tas de métiers qui ont tous pour point commun d’embellir la vie des autres.

– Eh bien ,peut-être que je serai guérisseur de peine, pour soigner le coeur des gens tristes
– ça n’existe pas ! répond ma grande soeur.
– Et alors, il suffit de l’inventer.
– Non Achille. il te faut un vrai métier.
-Comme partageur de sous, pour en donner plus à ceux qui en ont moins ?
– Non, ça n’existe pas non plus
– Alors, je serai embellisseur d’extérieur pour décorer les villes, les autoroutes et les parkings.

Achille ne se laisse pas décourager et imagine les métiers de mécanicien de cerveau, gardien de secrets, refroidisseur de climat, réparateur de rêves brisés, professeur de bêtises…

Le ton est à la fois léger et profondément touchant dans la manière dont il est traité.

Et si ça existait, de Marie Colot et Ian de Haes, Alice éditions, 2022

Le petit roman qui a beaucoup plu à Hélène et qu’elle souhaitait partager avec vous s’intitule « Les pêcheurs d’éternité ». Toute la poésie du titre traduit le sujet du roman, traité avec douceur et amour. Les illustrations, celle de la couverture et celles de l’intérieur, allègent la lecture et donne forme aux personnages très attachants. La relation aux grands-parents autour d’une passion, la pêche. Un beau livre sur la résilience, les relations familiales, l’amour tout simplement.

« -A l’aide, à l’aide !
Je rame de toutes mes forces, mais notre barque progresse comme un poisson sans nageoire.
(…)
Après, tout va très vite, si vite que ma tête tourne autant que le gyrophare des secours.IL habille les alentours d’une lumière bleue éblouissante. Les urgentistes transportent Papou sur une civière. Ils le branchent à des tubes et des machines qui clignotent de partout. Les portes claquent. Et l’ambulance repart avec ses pin-pon qui déchirent la nuit. Mamou m’embrasse de loin. Déjà, elle file vers l’hôpital dans sa petite voiture.
« 

Les pêcheurs d’éternité, de Marie Colot et Sébastien Mourrain, Actes Sud Junior, 2021

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C’est en acrostiche que Séverine veut rendre hommage à Marie Colot, avec cette histoire qu’elle lui a contée au creux de l’oreille, dans un murmure de mots aussi profonds qu’ils sont sensibles, qu’elle a partagée avec sa fille, très attentive à la question environnementale. Petite mer est une histoire Puissante, Emouvante, Tendre, Irresistible, Très poétique, Engagée, Merveilleuse, Evidente, Rassurante.

Puissante quand elle dénonce l’enfermement et l’exploitation animale pour de pathétiques applaudissements…

Emouvante et empathique, parce qu’elle parle de souffrance et de solitude, mais également de solidarité.

Tendre car elle met en lumière la générosité de l’enfance, une amitié improbable, la fidélité de toute une vie.

Irrésistible, grâce à de superbes illustrations, dans un foisonnement de couleurs et d’images oniriques, d’un éclat céleste.

Très poétique quand ciel et mer, poissons et oiseaux, se mêlent et se mélangent comme pour nous étourdir de beauté et de liberté…

Engagée, car elle dénonce une situation autant qu’elle croit en la force de l’action collective et en la possibilité de transmission d’un idéal.

Merveilleuse, car on se prend à rêver : de nager avec baleines et dauphins, de vagues et de vent, de grands espaces maritimes, des fonds marins et de leur faune…

Evidente, au sein d’une collection-phare des Editions du pourquoi pas? Pourquoi pas la Terre, qui nous rappelle que le respect du vivant et du monde animal ne souffre aucune concession.

Rassurante, car, en s’adressant à leur sensibilité et leur intelligence, elle offre un espoir que tous les enfants du monde puissent mener les luttes qui comptent, et remporter des victoires.Yes, they can !

Petite mer, de Marie Colot, illustré par Manuela Ferry, Editions du Pourquoi pas, 2022

Et vous, quels sont vos titres préférés de cette auteure ?

Les éditions du Pourquoi pas ?

A l’ombre du grand arbre, on aime quand on ne prend pas les enfants pour des idiots, qu’on se met à leur hauteur pour grandir avec eux. On aime les choix audacieux qui dénotent dans un paysage éditorial souvent formaté et marketé. On aime quand la pertinence du format et l’impertinence du sujet se métissent pour casser les codes, quand, dans un nid douillet, des ailes renommées prêtent leurs plumes à des oisillons créatifs et talentueux, quand les beaux mots se mêlent aux images éloquentes pour dire les belles valeurs, les émotions, et les êtres.

A l’ombre du grand arbre, oui, on aime le catalogue de cette maison d’édition, original, pertinent, et surtout, engagé, porteur de sens et de valeurs universelles.

C’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui de faire plus ample connaissance avec les Editions du Pourquoi Pas ? et certains de leurs titres répondant parfaitement à cette exigence-là : une littérature jeunesse humaniste, ambitieuse et généreuse.

Présentation de la maison d’édition par Alain

Alain Claude est le Président fondateur de l’association, président de la Ligue (pendant 23 ans), enseignant-conseiller pédagogique à la retraite, il a toujours placé la Littérature Jeunesse en pôle position… et reste très attaché à la force du collectif.

Les Editions du Pourquoi Pas ? sont une maison d’édition « pas tout à fait comme les autres », un projet politique d’Education Populaire au travers d’une littérature de qualité.

L’association a été créée en décembre 2013 par la Ligue de l’Enseignement des Vosges en partenariat avec l’ESAL-site d’Epinal, et sortira son 100ème ouvrage en février 2027.

Nous publions des auteurices connus et reconnus dans le milieu qui se reconnaissent dans notre projet ainsi que des illustrateurices-jeunes talents passés par l’ESAL d’Epinal à qui nous donnons la possibilité de faire un premier livre (à quelques exceptions – mais très peu, pour des projets complexes : Carole Chaix, Frédérique Bertrand, etc.)

Nous ne sommes jamais guidés par « le commercial » lorsque nous choisissons des textes (toujours le texte en premier)… En fait, tout est dans notre manifeste.

Quelle est la ligne éditoriale des EDPP ?

Des écritures qui s’emparent de l’imaginaire pour aider les lecteurices à faire société et faire humanité.

Quelles sont les spécificités de votre maison d’édition ?

En plus de la ligne engagée, le bénévolat à 300%. L’association comprend 19 membres qui s’investissent en fonction de leurs compétences et de leurs disponibilités.

Quels sont vos défis ?

Les défis ??? Continuer dans la.meme voie et renouveler les forces vives.

Merci Alain d’avoir pris le temps de présenter cette belle maison d’édition ! À présent, à nous de présenter nos titres préférés…

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Et puis un jour, tu te dis que c’est un beau métier que celui d’écrivain.e pour la jeunesse, que c’est une merveilleuse passion d’éditer leurs livres quand ils sont riches de sens…Assembler des mots pour raconter et donner corps à des histoires de grands bouleversements, à des moments forts ou tout simplement à des instants de rien, captiver et apporter tellement d’émotions à celles et ceux qui les lisent – les enfants auxquels ils sont destinés, public exigeant s’il en est – c’est une prouesse ! Et quand, la poésie, passagère clandestine, s’invite dans les pages, et intensifie l’enchantement, le recueillement, ou le sourire, alors…

Le livre-anniversaire des 10 ans des Editions du pourquoi pas, ce sont ces mots -là, cette poésie-là, c’est un foisonnement d’imagination, de styles et de genres, dans un recueil illustré où 11 écrivain.e.s, Thomas Scotto, Cathy Ytak, Julia Billet, Jo hoestlandt, Thierry Cazals, Yves-Marie Clément et les autres… laissent éclater leur talent et délivrent, chacun.e à sa façon, un lumineux message d’intelligence collective et d’espoir. Aux côtés de ces brillant.e.s auteur.ice.s, de jeunes artistes illustrateur.ice.s apportent une fraîcheur et un éclat supplémentaires aux très belles suites imaginées aux vies d »Esther, Tapio, Labiwa et les autres.

Et tous.es nous disent : faire ensemble cette société…en humanité…Une société où il est permis d’assumer ses passions et d’être soi de tout son être, dans l’ombre ou la lumière. Une société d’accueil de l’étranger et des différences, dans un environnement protégé. Une société de respect, de regards bienveillants et de mains amies. Une société d’ailes et de racines où l’on peut transmettre l’espoir d’un « bientôt, tout ira mieux« …Pourquoi pas ?

Collectif, Editions du Pourquoi pas ? Avril 2023

Départ en vacances est un album de la collection Pourquoi pas la Terre, où nous suivons, le sourire aux lèvres, le débat pour le moins animé entre les 4 membres d’une famille sur le moyen de transport le plus adéquat pour se rendre sur son lieu de vacances. Chacun donne son avis, et valorise, arguments imparables à l’appui, celui qu’il préfère. En avion, on ira vite, affirme Maman, qui veut toujours gagner du temps, y compris pour rentrer. Décompresser ? Très peu pour elle ! Mieux, en voiture, on pourra caser un max de barda inutilement indispensable. Quand le coffre est plein, papa se sent bien !…Oui, mais…et la planète, dans tout ça ? Voiture rime avec hydrocarbure et avion avec pollution…Heureusement que les enfants sont plus responsables que leurs parents en matière de protection de l’environnement ! C’est pourquoi le grand frère préfère la bicyclette, c’est chouette. Toustes en selle et la Terre restera belle ! Sauf que le sport ne met pas tout le monde d’accord ! Alors c’est finalement la petite dernière qui clouera le bec à toute la maisonnée ! On prendra le train, c’est gagné ! Parce qu’en chemin de fer, on peut tout faire : prendre le temps de vivre, de rêver plus, et surtout, on pollue moins ! Le débat est clos…enfin, presque…! Vous êtes plutôt valises ou sacs à dos ? 😉

Cette sympathique histoire de famille, drôle, truculente, aux textes et illustrations pétillants et malicieux, fait réfléchir petits et grands, avec humour et tendresse.

Départ en vacances, Magdalena, illustré par Barim, 2024

Les minuscules est un court roman bouleversant où, dans un pays en guerre, impuissant.es, nous suivons Bassem, orphelin sans pleurs, après la destruction de sa maison et la mort de sa famille, sur son chemin de désolation. Les mots et les illustrations sont d’abord durs, de vérité et de détresse. Ils ne taisent pas les bombes, le vide, le chaos, la folie qui gagne certains pour échapper à une réalité trop douloureuse…Mais soudain, une mélodie, une rencontre amie, et ils s’apaisent peu à peu, puis deviennent poésie et enfin espoir, regards tournés vers le ciel. Des notes de piano aériennes, un instituteur qui sauve la mémoire et le savoir, des artistes de rue, un spectacle improvisé…Porté.e.s par cette parenthèse enchantée, les survivant.e.s s’emparent de la solidarité et de la créativité comme autant de réponses à l’atrocité, pour redonner espoir, « grains de lumière » et oui, de la « noblesse au monde« …Et espérer un nouvel horizon.

Saisie par la puissante représentation de la guerre et de ses ravages sur les vies, comme par l’onirisme des images lorsqu’elles se font plus légères, happée par le regard de Bassem aux larmes absentes puis libérées, j’ai refermé ce livre très émue. Une supplication muette m’est venue : enfant du néant, du désespoir et de la solitude, de la violence et de la peur… mais enfant résilient, enfant sauvé, – pour l’instant -, je te demande pardon.

« La culture est l’héritage de la noblesse du monde, la seule force que nous ayons en face de l’élément de la nuit.  » André Malraux

Les minuscules, Claude Clément, illustré par Tilde Barbey, novembre 2022

Séverine

Une réécriture d’un conte…

Amour bleu de Raphaële Frier, illustrations de Kam – Editions du Pourquoi pas ?, 2022

« Tu sais quoi ? Laisse tomber. Il m’inspire pas ce type. Je le trouve carrément inquiétant. » Invitées à une fête dans un lieu loin de ce qu’elles fréquentent habituellement, deux sœurs débriefent de la soirée passée chez cet homme à la barbe bleue. Pourtant l’inquiétude de l’une ne va pas bouleverser le choix de l’autre au point de vouloir s’installer un temps dans ce cadre d’apparence idyllique : « Franchement, j’aimais bien l’idée de la pause. Et je me voyais volontiers m’installer au Moulin. Ce que j’ai fait. » Et jour après jour, goûtant au luxe, cette femme ne va pas comprendre le changement et le départ précipité de son nouveau compagnon.

Raphaële Frier nous livre une réécriture moderne du célèbre conte Barbe Bleue et dès la première de couverture la domination masculine y est palpable. De sa barbe bleue tentaculaire et hypnotique, cet homme va user de « ses charmes » matériels pour attirer cette jeune femme à s’enfermer dans une cage dorée. Les illustrations de Kam mettent en scène des détails qui ne trompent pas la le lectrice lecteur et participent à accélérer cette angoisse qui monte durant la lecture. Attirant dans ses portraits, accueillant dans sa façon d’être, le monstre tapi attend le moment propice pour se livrer à une course poursuite dont cette femme ne sortira pas totalement indemne.

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Une écriture qui défie les codes sociétaux…

Va te changer ! de l’Atelier du Trio – Cathy Ytak, Thomas Scotto et Gilles Abier, texte écrit pour une lecture théâtralisée – éditions du Pourquoi Pas ? 2019.

« Prologue

Vous me regardez

Comme si vous ne me reconnaissiez pas.

Pourtant, je sais que vous êtes avec moi

Et qu’on a ouvert les yeux.

Mais comment on va se parler maintenant ?

On sera quoi demain ?

Demain matin et tous les autres jours ?

Ce prologue retrouve l’épilogue, ces paroles de Robin lycéen ordinaire dans une vie ordinaire. C’est dérangeant tout de même ce mec en jupe et qui fait comme si de rien n’était. Est-ce interdit de porter une jupe ?

« -Eh les gars, on a une meuf de plus au lycée ! Aussitôt quelques rires. Quelques rires qui durent… »

Ce texte court percute, interroge, bouleverse, gêne, trouble réellement. D’un seul souffle on y montre le courage, la violence de s’assumer : un lycéen qui a peur, un lycéen qui ose, une surveillante qui a honte, une petite amie qui a peur du jugement. C’est à travers l’histoire d’une jupe portée par un garçon que le-la lecteur-lectrice peut s’interroger et se demander : « On sera quoi demain ? Demain et les autres jours ? »

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Un conte humaniste…

Le musée des générosités, Laurence Gillot, Emma Morison – éditions du Pourquoi pas ?, 2025.

Moins connu que Mademoiselle Vole (qui a bénéficié d’un joli coup de projecteur grâce au prix UNICEF 2026), Le musée des générosités du même binôme d’auteure-illustratrice est tout aussi touchant. Les deux titres se répondent et se complètent en abordant le sort des réfugiés, la générosité et le rôle de l’art,

Dans ce court roman, Laurence Gillot part d’un petit geste, un presque rien qui change la vie d’un garçon. Suzie a donné son gilet à Idris comme une évidence : il avait froid, elle pouvait se le permettre. Elle aurait voulu faire plus mais elle ne l’a jamais revu. Lui non plus n’a jamais oublié ce geste désintéressé, si humain. C’est donc avec émotion qu’il se retrouvent bien des années plus tard dans un musée.

Loin, très loin de la leçon de morale ou de la mièvrerie, Laurence Gillot explique avoir eu envie de « mettre en lumière la puissance de tous ces actes bienveillants, isolés, discrets, invisibles, gratuits, modestes qui, tous les jours, sur tous les continents, enchantent le monde et créent de la fraternité ». Un programme plein d’espoir !

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Un dyptique politique

Le tuteur, Audrey Claus / Quelque chose a changé, Yves-Marie Vincent, illustrations de Lou Reichling – éditions du Pourquoi pas ?, 2017.

La collection « Faire société » propose toujours deux textes mis dos à dos qui s’enrichissent l’un l’autre quelque soit l’ordre de lecture. Ceux qui composent ce recueil font froid ans le dos, particulièrement dans le contexte actuel. Heureusement les illustrations faites de photos d’éléments naturels apportent une certaine douceur à l’ensemble.

Pour la première fois, j’ai envie de conseiller de commencer par Le tuteur. Marco, très attaché au concept d’égalité, décide de semer des haricots. Toutes les graines auront le même environnement, la même quantité de terre, les mêmes soins… et devraient donc se développer harmonieusement. Mais la nature est ainsi faite qu’elle se joue des calculs de l’enfant.

En commençant par cette nouvelle, les lecteurs saisiront peut-être plus aisément ce qui se joue derrière les décisions du nouveau gouvernement de Quelque chose a changé. Petit à petit, elle modifient l’environnement, grignotent la culture et les libertés individuelles. Parce qu’elles sont progressives, la population les accepte sans broncher. Jusqu’à celle de trop qui réveillera leur conscience. Trop tard ?

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Et vous, quells titres de ces Éditions du Pourquoi pas ? Vous ont étonnés, bousculés, fait réfléchir ?

Lecture commune : Foutues cigognes

L’année dernière, nous avions été bouleversées tant par la plume de Gildas Guyot que par le sujet de son roman Vindicte. Aussi, c’est avec beaucoup de curiosité que nous avons découvert son nouveau roman. Et évidemment nous avons eu envie d’en discuter !

Foutues cigognes, Gildas Guyot, In8, 2025.

Lucie : Connaissais-tu le travail de Gildas Guyot ?

Héloïse : J’avais lu Vindicte dans le cadre du Prix ALODGA 2025, et j’avais déjà été marquée par sa plume, la thématique abordée, sans fard. Et toi ?

Lucie : Comme toi, j’ai découvert son travail l’année dernière avec Vindicte, qui a été une grosse claque. Nous avions pas mal échangé à son sujet avec Josée, l’attachée de presse des éditions In8 et c’est elle qui m’a fait découvrir ce nouveau titre qui a été un coup de cœur.

Héloïse : Et grâce à toi, nous avons pu le découvrir aussi.

Vindicte, Gildas Guyot, In8, 2024.

Lucie : C’est vrai que tant la plume que les thématiques abordées sortent de l’ordinaire. Avais-tu des attentes particulières en abordant ce nouveau titre ?

Héloïse : Pour le coup, j’y suis allée les yeux fermés. Je m’attendais à un texte court et percutant (ce que j’ai trouvé), mais je n’ai même pas cherché à savoir de quoi il parlait avant de le commencer. Et toi ?

Lucie : Exactement comme toi. Je partais avec un a priori positif mais rien de plus, ouverte à toute proposition littéraire que pourrait faire Gildas Guyot ! Que penses-tu de la couverture ?

Héloïse : J’ai cherché les cigognes du titre au début 😛 ! Mais le vinyle est très cohérent avec l’atmosphère du titre, et cette bande-son qui défile au fil des chapitres.

Lucie : La couverture ne donne pas trop d’indices : un vinyle, qui associé au titre n’aide pas beaucoup à se faire une idée de l’histoire mais j’aime autant ! Concernant les titres de chapitres, tu as été plus attentive que moi. J’avoue n’avoir percuté qu’à la page 33 de la thématique. C’est à ce moment-là que l’on comprend vraiment la place de la musique, et d’un groupe en particulier, dans cette famille.

Héloïse : Oui, c’est impressionnant de voir à quel point cette famille s’est soudée autour de la musique, d’une chanson. C’est aussi assez triste de voir le père qui s’enferme dedans… (mais là, je saute des étapes !)

Lucie : Il faudra en parler, mais avant peut-être que l’on pourrait parler d’Albin ? L’histoire est racontée par un narrateur omniscient, ce petit garçon de 8 ans et demi, et la structure est inhabituelle…

Héloïse : J’étais un peu perdue au début. On découvre un enfant emmuré dans sa colère, qui fugue. Un enfant qu’on sent profondément malheureux, qui a peur de son père. Et puis, ce titre, et ces cigognes, m’ont fait penser qu’il y avait un deuxième enfant, mais finalement, on le rencontre très tard…

Lucie : Tu as raison, c’est un peu une narration à rebours : pendant qu’il marche, Albin repense aux événements qui l’ont amenés à partir. Le lecteur suit le fil de ses pensées et découvre un quotidien assez banal : cours de basket, grands-parents plus ou moins investis… et rapidement il comprend qu’il y a eu un souci avec l’arrivée du second enfant. D’où les « foutues cigognes ».

Héloïse : Oui, au début, on se demande pourquoi il part. Quand il remonte le temps, il a une enfance heureuse, avec ses deux parents. Et puis, bim, tout implose. C’est vu à hauteur d’enfant, on découvre l’explication des cigognes (qui m’a fait sourire), puis l’hôpital, et là… On ne sourit plus.

Lucie : Le ton est assez particulier. On est à hauteur d’enfant, comme tu le dis, mais dans le même temps le vocabulaire est précis, les réflexions très matures… Je comprends que ce choix puisse déranger. Qu’en as-tu pensé ?

Héloïse : Je n’y ai pas prêté attention… Je me suis mise dans sa tête, sans trop réfléchir en fait.

Lucie : C’est vrai, dès les premières pages on comprend que ce petit garçon a une vie familiale compliquée, notamment un père alcoolique, et qu’il prévoit de fuguer. As-tu rapidement fait des hypothèses sur les raisons de ce départ ?

Héloïse : J’étais partie sur l’idée d’un père violent, je me suis trompée ! Et j’aime bien me faire surprendre. On sent qu’il y a eu un drame, mais on reste dans le flou…

Lucie : Mais tu as raison, on a très rapidement l’impression que le problème vient du père. Moi aussi j’ai pensé à un problème d’addiction et/ou de violence. C’est peut-être le moment de revenir sur son enfermement dans la musique que tu évoquais plus haut ?

Héloïse : Je n’ai pas forcément grand chose de plus à en dire, c’est assez triste de voir ce père sombrer d’un coup, s’enfermer dans son monde, (où la musique fait office de bouée de secours), et ignorer ainsi ses enfants. Ça fait mal, même si je comprends très bien la douleur de la perte d’un être cher, de le voir oublier ceux qui restent… et de voir cet enfant de huit ans livré à lui-même, sans aide, sans véritable explication…

Lucie : C’est bouleversant, et raconté de manière incroyablement sensible. On ne peut pas dire que Gildas Guyot choisisse des sujets faciles !

Lucie : On l’a dit, la musique tient un rôle particulier dans cette famille ; mais elle donne aussi une idée de l’époque puisque les parents se sont rencontrés à un concert en 1988, que la voiture est équipée d’un radio-cassette et que le film doit être rembobiné. Est-ce que ces allusions vous ont plongées en enfance ?

Héloïse : Oui, clairement ! C’est un groupe que j’ai découvert ado, et la cassette dans la voiture m’a rappelé des souvenirs ! J’ai situé le roman dans les années 90, sans réfléchir (et en me trompant peut-être). Et toi ?

Lucie : Pour moi, avant ces détails signifiants, l’histoire se déroulait de nos jours. D’ailleurs cela pourrait tout à fait être le cas. C’est pour ça que je me demandais ce qui justifiait ce choix de la part de l’auteur, ce que ça pouvait apporter de le situer à une autre époque. Tu as une hypothèse ?

Héloïse : Non… Mais j’ai vraiment eu l’impression d’une société “à l’ancienne”, avec les grands-parents et les patins dans la maison, cette marche sur une route de campagne déserte, cet isolement…

Lucie : Je n’en avais pas non plus, mais en discutant avec toi, je me dis que ça a peut-être un lien avec une éventuelle prise en charge du papa. Je ne veux pas divulgâcher mais il a clairement besoin d’aide et j’imagine (j’espère !) qu’aujourd’hui il ne rentrerait pas seul chez lui sans accompagnement. Ou alors l’auteur s’est dit que ce serait plus facile de caser son groupe culte. Aujourd’hui il serait obligé de mettre du Jul, ça aurait moins de gueule… cela dit, ca parlerait peut-être plus aux ados !

Héloïse : Oui, c’est possible !

Lucie : Comme on en revient encore à la musique, j’ai beaucoup aimé la note de l’auteur en fin d’ouvrage. Il réécrit tous les titres des chansons servant de titres de chapitres et ajoute :

Il n’est pas forcément nécessaire de devoir écouter cette playlist pour lire Foutues cigognes, mais quand même […] ça ne peut pas faire de mal. Ni aux oreilles. Ni à l’esprit.

Héloïse : Oui !!! Moi aussi !

Lucie : Ayant fait le tour des sujets que nous pouvions aborder sans divulgâcher, nous voilà donc à chercher à qui nous recommanderions ce roman, sachant qu’il n’est pas simple de proposer un âge de lecture dans ce cas précis.

Héloïse : C’est compliqué oui ! Pas à des enfants de 8 ans comme notre héros, je le trouve trop dur, les thématiques sont très difficiles… et des ados ne s’identifieront pas forcément. Pourtant, je pense que ce sont eux, le vrai public de ce genre de texte, émouvant, percutant, choc (et ils aiment les textes qui les prennent aux tripes). Le problème, c’est que la plupart des ados ne va pas d’elle-même vers ce genre de couvertures. Je le vois bien avec mes élèves, qui ne jurent que par les belles couvertures (y compris celles qui ne sont pas de leur âge). Mais cela demande un accompagnement et une sensibilisation de la part des prescripteurs et prescriptrices de la lecture. Bien évidemment, je le recommande aussi aux adultes…

Lucie : Comme tu le dis, les sujets sont dramatiques et très forts, mais le héros n’a que 8 ans et demi et il n’est pas dit que des ados aient envie de lire son histoire. Ce n’est pas simple de les faire sortir de leurs préjugés ! C’est un texte exigeant, très représentatif de la collection Faction qui fait confiance à l’intelligence des lecteurs sans chercher à la séduire. Ce serait vraiment dommage que de bons lecteurs, ados comme adultes, à la recherche d’émotions fortes et d’une belle plume passent à côté de ce roman !

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Nous espérons de tout cœur vous avoir donné envie de lire ce titre, certes exigeant mais tellement riche en émotions. Et nous avons hâte de découvrir ce que Gildas Guyot nous réservera dans son prochain roman !

Coups de coeur de l’été

Septembre est arrivé, avec la rentrée des classes. L’été touche bientôt à sa fin, c’est donc l’occasion de vous partager les coups de coeur estivaux à l’ombre du grand arbre !

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Pour Hélène la grande lecture de l’été n’est pour une fois pas un livre jeunesse mais un titre de Julie Gielen-Michel.

Croire aux fées mais pas aux clichés est un ouvrage très documenté mais édité de manière moderne, sous forme de fiches. Il peut donc se lire du début à la fin ou par petites touches en fonction des sujets qui nous intéressent particulièrement. Il permet de se rendre compte des biais sexistes dans la littérature de jeunesse, liés évidemment au contexte dans lequel ces oeuvres sont écrites.

Agisme, racisme sont également convoqués pour expliquer comment la figure de la sorcière ou de l’étrangère sont parfois utilisées de manière caricaturale. tant dans la vision qu’il en est donné à voir que dans celle d’elle-même qu’elles intériorisent, tout ceci étant bien entendu lié. Le temps de parole des personnages féminins concentrent également beaucoup d’enjeux… Car les plus bavardes ne sont pas toujours celles que l’on croit.

Tous les chapitres n’ont pas forcément convaincu Hélène mais beaucoup d’entre eux permettent de prendre conscience et de chiffrer l’ampleur de certaines questions comme le nombre de mots utilisés par les personnages féminins inférieur à celui des hommes alors que ces denières sont pourtant beaucoup plus facilement traitées de pipelettes.

 Croire aux fées mais pas aux clichés – Le guide pour comprendre et combattre les clichés sexistes de la fiction jeunesse ; de Julie Gielen-Michel  et Fanny Vella – Le Courrier du Livre, 2025

Un magnifique album, très à propos lors de cet été caniculaire a retenu son attention, il s’agit de la Terre Sens dessus dessous de Coline Pierre et Maureen Poignonec.

Terre Sens dessus dessous de Coline Pierre et Maureen Poignonec – Grund, 2026

Enfin, un roman l’a particulièrement fait rire lors de ses allers retours au travail en bus (que voulez-vous, on enchante le quotidien comme on peut !)

Il s’agit de Code Petite Sirène de Clémentine Beauvais et c’est une très bonne surprise car le premier de la série, l’affaire Petit Prince, ne l’avait pas vraiment convaincue.

Cette fois on suit Pierre DéteXtive privé qui se fait littéralement embarquer par une agente secrète danoise dans une nouvelle mission (alors qu’il est, rappelons le, toujours interdit d’exercice de la profession de détecXtive, les raisons sont détaillées dans le tome 1 qui concerne le Petit Prince). Une traversée en bateau pleine de mystères et de rebondissements, avec Bas de Casse en guest-star (enfin en passager clandestin plutôt).

Entre énigmes textuelles, ex-conjoints qui refont surface air plus mauvais moment, des quiproquos dont Clémentine Beauvais a le secret et des analyses inédites du conte de la Petite Sirène en toile de fond, Hélène a passé un très bon moment de lecture et vous conseille ce livre, qui se lit indépendamment des autres de la série.

Petite info bonus pour vous donner encore plus envie : Clémentine Beauvais a indiqué dans un podcast que le personnage de Bas-de-Casse était inspiré de Fifi Brindacier. Un grain de malice qui donne tout son sel au livre.

Code petite sirène : Pierre Bayard DeteXtivePrivé de Clémentine Beauvais – Sarbacane, 2026

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Pour faire baisser sa PAL composée de livres trouvés dans des boites au fil des années, Lucie a lu beaucoup de littérature générale cet été. Mais quelques titres jeunesse ont réussi à s’infiltrer, dont deux vrais coups de cœur.

Quand on s’attaque à un album qui a reçu la Pépite du SLPJ 2025 catégorie « Livre illustré » et qui fait partie de la sélection du prix UNICEF, les attentes sont élevées. Quand ces attentes sont comblées, quel plaisir de partager son coup de cœur !

Il s’agit d’un album pour les « grands petits », les tout jeunes lecteurs. Découpé en chapitres, il est assez épais et adopte la forme d’un roman mais bénéficie en pleine page des illustrations nettes et colorées d’Aurore Petit.

Un jour qu’il se promène dans la forêt et profite de la moindre stimulation sensorielle de cet environnement, Pavel trouve un bébé. Mais voilà, il n’a aucune expérience en la matière : comment s’en occuper ? Étonnant album qui explique le chambardement de l’arrivée d’un enfant, mais aussi tout ce que les parents apprennent de leur progéniture. Et que l’amour filial ne s’encombre pas de ressemblance.

Pavel et Mousse, Aurore Petit, Les fourmis rouges, 2025.

Son avis complet ICI.

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Toujours à la recherche d’histoires mettant en scène des garçons respectueux et réfléchis avec les femmes pour nourrir les discussions avec son ado, Lucie avait hate de découvrir celui-ci qui semblait cocher toutes les cases. Ado aidant, skateur, fan de musique et ami fidèle, Benjamin a de nombreuses facettes et suscite beaucoup d’empathie. Aussi, quand il tombe amoureux, le lecteur a envie de le voir heureux.

Ce roman est l’illustration parfaite des changements que peuvent opérer les relations : on se met à s’intéresser à des choses qui nous laissaient indifférents, à faire des choses dans le seul but d’épater l’être aimé… ce tourbillon d’émotions et de nouveautés qui emporte Benjamin est très stimulant. D’autant qu’il implique une vraie réflexion sur la sexualité. Ce roman est très agréable à lire et, ce qui ne fait jamais de mal, est un point de départ pour des discussions sur les relations homme-femme avec des jeunes. D’où sa présence dans notre sélection EVARS à destination des élèves de lycée et de CAP.

Quelque chose de beau, Julie Rey, L’école des loisirs, 2025.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin c’est sa perpétuelle quête d’albums pour les tout-petits qui a déniché quelques histoires plus belles les unes que les autres. Avec Loupiotes de Marine Rivoal, le bébé atteint les sommets de la douceur.

Le bain est donné, l’histoire est racontée, le doudou est paré de son jaune lumineux et accompagnera ce bébé vers le doux moment de l’endormissement. Loupiotes comme ces petites touches de lumières çà et là qui viennent éclairer la nuit. Bienvenue dans le monde où le papillon viendra chercher sa lumière, où le phare illuminera la mer, où le jour semble vouloir se pointer sur nos loupiot(e)s. La tête remplie de rêves qui glissent lentement vers le réveil, bébé pourra enfin saluer le lever du soleil printanier.

Avec une grande délicatesse, Marine Rivoal joue sur l’ombre et la lumière. Dans cet album sans texte, la technique utilisée pour la réalisation des illustrations nous invite à la quiétude comme si le rêve envahissait lentement l’endormissement du bébé. Une histoire douce qui laisse le temps s’échapper vers le monde de la nuit.

Loupiotes de Marine Rivoal – Les Grandes personnes, 2026

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Dans Premier Souffle de Hu Yifan, la vie inspire et expire. Si le Mont Fuji entrait en irruption, il nous montrerait d’abord son calme légendaire « inspire » pour mieux laisser échapper la lave volcanique brûlante « expire ». La grenouille inspire pour expirer un souffle qui sort de sa gorge gonflée d’air. L’escargot fait beaucoup d’effort pour sortir de sa coquille. Quant aux pissenlits, au moindre souffle la Nature fait s’envoler ses pistils cotonneux. Ensemble nous pouvons ressentir le calme lorsque notre « machine » s’arrête et stoppe ses pensées…

La couleur domine cet album où le monde animal et végétal est célébré. Soyons à son écoute, inspirons-nous d’eux pour mieux accueillir ces petites vies qui naissent aux quatre coins de la planète.

Premier souffle de Hu Yifan – HongFei, 2026

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Le plus gros coup de cœur de l’été, pour Séverine, c’est le dernier roman-graphique, de Myren Duval et Emma Constant, qui avaient déjà signé ensemble le magnifique et inoubliable Merci pour la tendresse, chez les Editions du Rouergue Jeunesse. De tendresse, encore, il est question Dans Tant pis pour les fantômes, avec humour, poésie, un peu de tristesse, mais aussi de la joie, et beaucoup d’amour. Cette fois-ci, le duo autrice/illustratrice, qui rivalise de vitalité, de finesse et de sensibilité, nous emmène dans un road-trip à hauteur de môme. Avec Titouan et Timothée, deux frères placés en foyer de l’enfance, nous marchons sur le fil de l’émotion, aux confins d’un lien indéfectible, plus solide que les murs, plus fort que la peur et la mort…Pendant leur périple, on croisera des fantômes, bien sûr, un chien mâle chanceux, des baskets qui parlent, des vers de terre de cimetière et des dragons d’époque, un adulte davantage perdu- isolé-apeuré que méchant, une éducatrice plus-que-parfaite… Et à la fin, très émouvante, se profile un grand espoir de réparer le passé pas simple des deux jeunes garçons. Séverine, désormais, a Titou et Timi dans le cœur, elle est prête à parier que vous succomberez aussi.

Tant pis pour les fantômes, de >Myren Duval et Emma Constant, Rouergue Jeunesse, 2026

Son avis complet ICI.

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Héloïse a fondu pour Le Petit chêne et le moineau, d’Alexandra Garibal et Christine Davenier. Dans cet ouvrage : un petit chêne qui pousse de travers, des animaux qui tentent à tout prix de le redresser, un moineau qui s’inquiète et qui écoute… bref, une très belle métaphore de l’éducation positive te bienveillante.

Héloïse a adoré les messages dispensés : cette ode à la différence, cette invitation à accepter l’autre tel qu’il est, avec ses forces et ses faiblesses, à l’aider à grandir et à s’épanouir. Et puis… Les illustrations sont si belles, expressives, colorées !

Le petit chêne et le moineau, d’Alexandra Garibal, illustré par Christine Davenier. Didier Jeunesse, 2026

Son avis complet ICI.

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Autre ouvrage qui l’a beaucoup ému cet été, mais cette fois-ci à destination de lecteurices autonomes : Le Jardin aux acacias, d’Elise Blaque. Dans ce roman très poétique, un jeune enfant qui s’ennuie, Max. Pour parer à ce problème, ses parents l’envoient chez son grand-père. Mais là-bas, il s’ennuie tout autant…

Héloïse a adoré voir éclore cette très jolie relation entre un enfant et son papy. Une relation faite de silences, et d’instants partagés. D’un coté, nous avons un enfant qui apprend à voir la vie autrement, de l’autre un grand-père qui dévoile peu à peu ses secrets. C’est une très belle histoire intergénérationnelle, qui défend la solidarité, l’attention aux autres, nous parle aussi de résilience, et de la douceur fragile des instants partagés. Un coup de cœur, un coup au cœur 💙 !

Le jardin aux acacias, d’Élise Blaque, Didier Jeunesse, 2026.

Sa chronique ICI.

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Et vous, quelles lectures vous ont transportés cet été ?