Cette édition 2026 marque les 10 ans du Prix UNICEF de littérature jeunesse. À cette occasion, l’ONG a sélectionné des titres qui célèbrent TOUS leurs droits sous le slogan « Les droits de l’enfant, quelle histoire ! ».
Les lauréats ont été annoncés la semaine dernière, mais tous les titres ont leur intérêt. Voici donc nos retours de lecture des livres proposés aux jeunes (et moins jeunes) lecteurs.
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Catégorie 3-5 ans
Si l’illustrateur a choisi de le mettre en images avec l’écologie, le texte d’Amanda Gorman a ceci de génial qu’il reste assez flou pour correspondre à quantités de situations intolérables (racisme, pauvreté, handicap, immigration et tant d’autres). Il met en scène un enfant ne se satisfait pas du monde qui l’entoure. Les adultes tentent de le dissuader d’intervenir, mais lui refuse que cette situation perdure. À force d’espoir et de travail – et malgré des échecs, il parvient à faire évoluer les choses et à fédérer autour de son projet.
Parfaite illustration du proverbe « les petits ruisseaux font les grandes rivières » et donc que chaque geste compte, il parle beaucoup aux jeunes lecteurs.
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Ici c’est chez moi. Ici c’est mon arbre
Ici tout a été déraciné. Ici je suis déraciné
J’ai ma vie, mes amis, du confort et tout pour être heureux.
J’ai vu cet arbre, je m’y suis installé, mes amis me manquent. La nourriture y est abondante.
Pourtant je n’arrive pas à croire que cet oiseau là s’installe sans ma permission.
Je ne comprends pas cette langue et pourtant je veux faire connaissance.
Cet album propose deux lectures bien distinctes ce qui apporte une réelle densité à l’histoire et renforce les émotions éprouvées lors de l’incompréhension entre les deux protagonistes.
Finalement est-ce qu’avec un peu de de tolérance ne pouvons-nous pas vivre sous les mêmes branches ?
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Outre cette sélection pour le prix UNICEF, cet album est idéal pour amorcer une séance d’EVAR en maternelle. Le message est simple et essentiel : « Interdit de me faire du mal ».
Chaque double page se présente de la même façon : à gauche une illustrations avec des personnages montrant les expressions gestuelles et visuelles qui « introduisent » une violence (par exemple une main levée) ; à droite une question posée au jeune lecteur, dont la réponse est toujours NON (pour bien montrer que la violence est à bannir dans tous les cas).
Une fois ce fait établi, Mai Lan Chapiron s’assure qu’il est bien passé en multipliant les exemples de situations, invitant les jeunes lecteurs à marteler le non. Simple, efficace, indispensable.
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Et terminons avec le lauréat de cette année : Loujain rêve de tournesols !
Loujain veut voler et espère un jour pouvoir contempler les tournesols, magnifiques fleurs imitant le soleil. Mais ce soleil brûle les rêves des petites filles. Là où habite Loujain, il est interdit de rêver, de voler, d’espérer … pourtant, certains adultes vont l’écouter et l’aider à réaliser l’impossible.
Cet album est un cri d’espoir et de solidarité. La détermination de Loujain ne faiblit à aucun moment. Personne ne pourra lui arracher ce rêve qui loge au fond de son cœur et de son esprit de femme libre vivant dans un monde patriarcal. Un album essentiel.

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Catégorie 6-8 ans
Hana et sa maman se sont réfugiées en France pour fuir la guerre. Seulement, l’argent manque et elles sont obligées de dormir dans un musée. L’émerveillement de la petite fille face aux oeuvres d’art en dépit de sa situation précaire est très touchant. Tout comme le lien qui se tisse entre art et artisanat à travers les broderies de la maman. Les illustrations d’Emma Morison jouent d’ailleurs sur la polysémie du verbe « tisser » avec ces dessins de fils. Lâches au début, ils forment progressivement un tracé régulier, alors qu’Hana parvient à se lier avec une camarade.
Avec la délicatesse qu’on lui connaît, Laurence Gillot invite à faire évoluer le regard que l’on porte sur « l’étranger », particulièrement lorsqu’il est issu de l’immigration.
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Tout commence avec un chat qui voyage dans le monde et se passionne pour la Déclaration des droits des filles. Chaque page présente ensuite une jeune fille confrontée au non respect de l’un de ses droits de manière (même si le lecteur peut aisément supposer que certaines cumulent de nombreuses difficultés). Dommage que le lecteur n’apprenne rien sur son pays, sa famille, ses conditions de vie, bref du contexte dans lequel a lieu cette transgression.
Cet album propose un texte très didactique, façon documentaire. C’est la limite d’un album écrit par une ONG : si le fond et l’engagement ne peuvent être mis en doute, il manque l’imagination d’un auteur qui aurait pu faire de cet album une oeuvre de littérature jeunesse.
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La répartition de l’espace de la cour de récréation est un vrai sujet dans de nombreuses écoles. Si l’adulte voit rapidement où veut en venir l’auteure, les jeunes lecteurs adhérent immédiatement au sujet et au vocabulaire fleuri. On peut regretter qu’Alessio soit si compréhensif et facile à convaincre mais l’évolution de la répartition de l’espace est un super extra pour amorcer la discussion avec des élèves.
A savoir : les héros reviennent en 2026 avec Un toit pour tous du même duo d’auteure-illustratrice sur le mal-logement.
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Dans cette catégorie, c’est l’histoire de Martha qui a le plus ému les jeunes votants. Suite à des problèmes familiaux, cette petite fille est placée en attendant que ses parents puissent s’occuper d’elle correctement. Cet album aborde ce sujet grave avec douceur et bienveillance. Un optimisme forcené aussi, qui a sa place dans un album jeunesse mais ne traduit pas forcément la réalité. Les illustrations de Cécile et le choix des animaux anthropomorphes contribuent grandement à adoucir la situation.
Ainsi, le lecteur s’attache à Martha et à ses doudous, et l’intérêt supérieur de l’enfant prend tout son sens.
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Catégorie 9-12 ans
Inspiré d’une histoire vraie, ce roman expose les difficultés des collégiens du Haut Maroni, en Guyane, pour accéder à l’éducation. Quitter sa famille, son village et son environnement pour aller étudier en ville, sans possibilité de retour en dehors des vacances à 11 ans est très brutal. La bonne idée est de présenter deux amis aux caractères très différents, qui vont donc réagir chacun à leur manière face à ce déracinement.
Si certains jeunes quittent volontairement leur village pour trouver un travail, Claire Clément montre bien que la situation est très différente lorsque la séparation est imposée, surtout si jeune.
Les illustrations de Léo Alcatraz immergent le lecteur dans la végétation luxuriante de la forêt amazonienne et apporte de la couleur à un récit dur. On ne peut qu’espérer que le rôle de sentinelle soit développé pour réduire les drames.
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Ce roman sorti en 2024 résonne terriblement avec l’actualité très récente sur les violences sexuelles envers les enfants. Les monstres aimés. Ceux qui volent le sommeil, l’insouciance, la parole. Qui inversent dans l’esprit de l’enfant la culpabilité, l’enferment dans la solitude. Pourtant, ils sont des milliers…Tel est le sujet ultra-sensible d’Ombreline, où il est question d’inceste. Si, par exemple, en littérature blanche, un roman autobiographique sur le même sujet vient de remporter le prix Goncourt du premier roman, il n’est pas surprenant que les enfants votant pour le Prix UNICEF n’aient pas offert en masse leurs suffrages à cette histoire. Certes adoucie par son univers féérique, son texte à la fois juste, subtil et poétique, et de belles illustrations brun-orangé chaleureuses et oniriques, son fond terrifiant doit être absolument discuté en amont. (d’ailleurs, alors que l’objet-livre est magnifique, il eût sans doute été judicieux que Milan indique clairement son thème). Si le/la lecteur.ice n’a pas été sensibilisé.e à cette thématique, la lecture peut s’avérer soit trop distante, trop délicate, voire inaboutie. La fin très émouvante laisse néanmoins place à l’espoir : il existe des adultes-ressources, prêt.e.s à accueillir la parole de l’enfant victime, à le croire, à l’aider. Des bonnes fées pour ces enfants de la nuit.
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Dans une collection adaptée aux dys, Le garçon qui voulait être un chat nous, de Veronique Foz, nous embarque dans la tête d’Ilyan, autiste Asperger. Depuis tout petit, cela complique ses relations avec les autres. Heureusement, il y a son grand-père, toujours là pour lui. Toujours ?
Deux thématiques qui se croisent : la difficulté d’un enfant autiste à s’épanouir, et la maladie d’Alzheimer. On ne peut qu’être touché par notre héros, ses difficultés à trouver sa place, sa passion pour les chats, les mauvais traitements qu’il subit de la part de certains camarades. Et que dire de son désarroi, quand son grand-père perd la mémoire…
Les difficultés rencontrées par Ilyan sont abordées avec justesse et finesse. On perçoit très bien les conséquences de son handicap sur lui-même, mais aussi son entourage. On voit les limites d’un système scolaire qui a du mal à inclure tout le monde, faute de moyens et de personnels. Et quelle belle relation avec le grand-père ! Elle est émouvante, touchante, encore plus avec cette maladie d’Alzheimer qui vient tout compliquer.
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C’est cette BD qui a reçu les suffrages des votants. On suit Manon qui bascule dans la jungle du harcèlement à cause de Stacey jalouse de ses bonnes notes. Le mécanisme s’enclenche et les effets sont très bien décrits. Tout comme l’impuissance – consciente ou non – des adultes qui l’entourent. La métaphore de la jungle apporte à la fois pertinence et recul, mais l’après révélation, s’il montre bien la solitude des familles manque justement de clés pour réagir efficacement.
Une BD utile, pleine de bonnes intentions et qui a le mérite d’aborder frontalement un sujet terrible. Mais il ne va pas au bout de la démarche et manque cruellement d’éléments concrets au niveau des solutions à apporter.

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Catégorie 13-15 ans
N’ayant pas pu lire ce titre, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.
Années 1960. Dans un quartier populaire d’une ville de La Réunion, Jean et Madeleine sont arrachés à leur mère par les services sociaux qui leur promettent une vie meilleure en métropole, une bonne éducation et des retours réguliers sur leur île. Lucien, jeune fonctionnaire fraîchement affecté à La Réunion, arrive à la préfecture et découvre ses fonctions à la Section 4 : il devra notamment superviser le transfert de « pupilles de l’État » dans l’Hexagone…Transplantés en Creuse, Jean et Madeleine sont séparés. De foyers en familles d’accueil, Jean rencontre d’autres enfants réunionnais dans la même situation que lui. Une vie durant, entre errances et recherches, il tentera de comprendre pourquoi…
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L’héroïne de Girls Bazaar est une jeune fille Nat (peuple traditionnellement nomade dont le mode de vie a été interdit ce qui les a réduit à la pauvreté en marge de la société). Cela permet de montrer le quotidien de ces familles pour lesquelles chaque jour est un combat, mais aussi la pression sociale et les barrières que se mettent ces filles. Car elles sont élevées dans l’idée que leur seul horizon sera la prostitution. Difficile de remettre en cause un destin qui a touché toute sa famille et ses voisines sur plusieurs générations. Le rôle du sport (ici le kung-fu) est central dans la prise de confiance et la capacité à se défendre.
Ce roman a été écrit par l’activiste indo-américaine Ruchira Gupta suite à son documentaire The Selling of innocents. Alors qu’elle était journaliste, elle a découvert l’ampleur du trafic de petites filles indiennes et a créé l’ONG Apne Aap pour le combattre.
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Les quatres personnages principaux sont des ados très caractérisés : les jumelles riches, l’ado honteux de sa famille pauvre, et les deux élèves issus de l’immigration… mais c’est aussi le reflet de la société.
En réalité, le propos est pédagogique mais c’est assez bien fait pour que ça n’empiète pas sur les situations auxquelles les jeunes font face. Et leur énergie (ainsi que celle de leur prof dont les difficultés ne sont pas passées sous silence) est plutôt porteuse.
Julie Scheibling a adapté Une brève histoire de l’égalité de Thomas Piketty pour sensibiliser les adolescents à la question des inégalités sociales. Et en effet, cette BD permet aux jeunes lecteurs de s’approprier les concepts et comprendre qu’autour d’eux, il existe de nombreuses différences et inégalités entre les classes.

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N’ayant pas pu lire ce titre qui a pourtant reçu la majorité des suffrages, nous vous proposons la présentation de l’éditeur.
Pourquoi ça fait si mal ?
Juliette et Mathilde sont amies depuis toujours. En cette rentrée en 4e, Mathilde a des envies de popularité et un crush pour le beau Thomas. Elle se rapproche alors de Karine, qu’elle semble admirer plus que tout. Juliette n’apprécie pas vraiment Karine, sa bande, et les airs rebelles qu’ils se donnent. Une incompréhension grandissante s’installe entre les deux amies. Peu à peu, c’est un étrange mécanisme d’exclusion qui se met en place, jusqu’à ce qu’une photo de Juliette, à demi-nue, soit prise dans les vestiaires…
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Avez-vous lu ces titres ? Lesquels vous ont le plus enthousiasmés ?










































