Entretien avec Yves Grevet

Gilberte Bourget des éditions Syros nous a proposé de lire L’archipel des animaux bannis, ce qui a donné lieu à une lecture d’ado de Théo, grand fan d’Yves Grevet. Ce nouveau roman nous a donné envie de (re)lire ses histoires en vue d’un article présentant nos œuvres préférées (prochainement sur le blog) et, forcément, cela a attisé notre curiosité. Car si Yves Grevet est surtout connu pour ses romans dystopiques à destination des ados, il écrit pour tous les publics avec l’envie de divertir et de questionner notre société en même temps.

Yves Grevet a gentiment accepté d’échanger avec nous, voici ses réponses à nos questions !

Yves Grevet, photo issue du site des éditions Little Urban.

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Vous avez été professeur des écoles, est-ce que vos deux métiers se sont nourris l’un l’autre, et si oui comment ?

Je pense que s’il fallait chercher comment le fait d’être instituteur a pu nourrir mon travail d’écrivain, c’est la durée des vacances des enseignants, et principalement les deux mois de vacances d’été, que je mettrais en avant. Pour se lancer sereinement dans l’écriture d’un roman, il faut avoir du temps devant soi.

Bien entendu, le fait d’avoir beaucoup lu de littérature jeunesse dans ma pratique d’enseignant m’a permis de découvrir la richesse de cet univers et m’a donné l’envie d’en écrire. Ensuite, il est évident que ma fréquentation quotidienne d’enfants m’a aidé à mieux connaitre mon lectorat. Ma principale source d’inspiration c’est mon enfance et mon adolescence et pas celles que j’aurais pu observer chez d’autres.

J’ai toujours séparé mes deux activités. Mes élèves savaient que j’étais écrivain mais ils ne m’en parlaient jamais, tout simplement parce que cet aspect de ma vie ne les intéressait pas. De mon côté, je n’abordais jamais avec eux le sujet de cette deuxième activité. Et j’e n’ai bien entendu jamais fait lire mes propres œuvres à mes élèves.

La série U4 sort de l’ordinaire de par sa conception : quatre auteurs ont chacun écrit un tome consacré à un personnage dans le même univers. Comment en avez-vous eu l’idée et comment vous êtes-vous organisés ?

U4, au départ, c’est l’histoire de quatre écrivains qui se rencontrent dans un salon et qui ont envie de monter un projet ensemble parce qu’ils veulent garder des liens et qu’une création commune semble leur être la meilleure idée pour y arriver. D’emblée, l’idée d’écrire un livre à quatre nous a semblé trop contraignante. Et c’est celle d’écrire chacun un livre dans le même contexte et la même temporalité et de se prêter nos personnages qui nous a paru la meilleure. Chacun restant maitre de son roman mais étant obligé de collaborer, voire de négocier avec les autres.

Nous avons alors défini ensemble le contexte d’U4 (le virus, ses conséquences…) et commencé à imaginer vers quelle fin pourrait aller la série. Puis, nous avons écrit chacun quelques pages du journal intime de notre personnage avant la pandémie pour le présenter aux autres et vérifier que certains ne se ressemblaient pas trop. Ensuite, nous avons été proposer notre projet à des éditeurs qui se sont engagés à nous publier. Après, chacun a écrit dans son coin le premier tiers de son roman afin de définir les enjeux propres à son narrateur ou sa narratrice. Enfin nous nous sommes retrouvés physiquement pendant une semaine pour nous lire et définir plus précisément la suite, et très concrètement commencer à envisager comment nos personnages allaient entrer dans les livres des autres. Le travail s’est fait d’abord deux par deux : Koridwen et Jules d’un côté et Stéphane et Yannis de l’autre. Pour finir nous nous sommes retrouvés deux mois plus tard pour envisager la réunion des quatre narrateurs et la fin de nos romans. Nous avions un droit de regard sur le travail de l’autre mais uniquement sur des points du scénario qui devaient être discutés mais aucunement sur ses choix d’écriture.

Enfin et il ne faudrait pas l’oublier, les éditrices de Syros et Nathan ont beaucoup travaillé sur ce projet et leurs retours nous ont été très précieux. Au final, ce fut une très belle aventure, longue mais passionnante. Et cerise sur le gâteau, très bien accueillie à sa sortie.

Outre U4, beaucoup de vos romans ados sont des dystopies, pour quelles raisons ce genre vous attire-t’il ?

La dystopie permet d’aborder des sujets de société sans tomber dans des romans à thèses et en étant un peu décalé de la réalité que nous vivons. Il faut que ce soit rythmé, que ça puisse intéresser mon lectorat, que les « méchants » le soient vraiment et que les héros soient au moins un peu héroïques. J’aime aussi la dystopie parce qu’elle permet d’imaginer des possibles, d’inventer des futurs. Par contre, pour que les lecteurs y croient, on doit faire preuve d’un certain réalisme. C’est pour cela que je ne suis pas du tout attiré par l’écriture d’œuvres fantastiques ou de fantasy.

Vous écrivez pour les ados, mais parfois aussi pour les lecteurs plus jeunes. À quel moment décidez vous pour quel public vous écrirez ?

Pour moi, à la naissance de chaque roman, il y a une idée ou une scène, ou une image qui, je le pressens, peut être l’amorce d’une histoire. Je comprends assez vite si ce que je vais raconter s’adresse à un public plus ou moins jeune. Le récit sera-t-il plus ou moins long ? Le type de narration sera-t-il plus ou moins complexe ? Les sujets abordés toucheront-ils une classe d’âge plutôt qu’une autre ?

Comment déterminez-vous l’âge des lecteurs auxquels vous vous adressez ?

J’ai longtemps voulu écrire des albums mais j’ai mis vingt ans à trouver une idée qui fonctionnait. J’y reviendrai si j’en trouve une autre. Pour les formats « premières lectures » ou pour le lectorat de l’école primaire, j’ai parfois répondu à des sollicitations d’éditeurs. J’ai vu cela, à chaque fois, comme un exercice qui me permettait de sortir de mes habitudes. On s’enrichit de toutes les expériences. Tout à l’heure, j’évoquais l’idée de départ, mais il faudrait ajouter le narrateur qui doit avoir sensiblement le même âge que le lecteur. Quand j’ai écrit H.E.N.R.I., l’histoire d’un extraterrestre dans une classe de CP, je me suis replongé dans mon enfance et je me suis demandé : « Si j’avais eu les pouvoirs d’H.E.N.R.I., qu’est-ce que j’aurais rêvé de savoir faire ? » Faire durer les récrés, écrire comme la maîtresse, me faire pousser des doigts pour compter, respirer sous l’eau…

A ce propos, nous nous demandions si, quand vous écrivez, vous aviez un « lecteur idéal » en tête ?

Je n’écris pas pour un lecteur idéal. J’écris d’abord pour moi en espérant que ce qui m’intéresse et me touche parviendra à toucher des lecteurs.

Vous vous êtes récemment essayé (avec succès !) à la littérature adulte avec La répétition, Berlin 1963 écrit à quatre mains avec Jean-Michel Payet. Qu’est-ce qui a motivé ce changement ? Comment ce projet est-il né ? Est-ce qu’écrire pour les adultes est différent d’écrire pour les ados ?

Comme pour U4, c’est d’abord l’envie de travailler ensemble qui nous a motivés. Je connais Jean-Michel depuis très longtemps et je savais qu’il avait déjà participé à une aventure collective, Blues cerises chez Milan (avant U4 et avec un concept assez similaire). Nous nous sommes retrouvés sur un salon et en discutant de nos lectures, nous nous sommes découvert un goût commun pour l’espionnage. Nous avons décidé tout de suite d’écrire « en adulte » parce que les vrais livres d’espionnage sont trop compliqués pour un lectorat adolescent. J’avais aussi le souvenir d’une incursion dans ce genre (en ado) avec Comment mon père est mort deux fois qui était complètement passé inaperçu. Dans ce récit, nous avons pu adopter le point de vue de cinq narrateurs (deux et demi chacun) et composer un récit assez compliqué et très référencé historiquement sans avoir besoin d’être trop « pédagogique ». Pour le reste, écrire pour adulte ou pour ados, ça ne me change pas tellement. J’ai le même souci de ne pas perdre mon lecteur, d’être clair et précis dans mon écriture, sans chercher à faire des effets de style. De même, qu’en écrivant pour adolescents, je n’ai jamais eu la sensation de me censurer pour décrire certaines scènes ou aborder certains thèmes.

En quoi ce projet était-il différent de la série collective U4 ? Que vous apporte le fait de collaborer avec d’autres auteurs sur un projet ?

Un projet à deux est deux ou trois fois plus facile à mener qu’un projet à quatre. Mais, à part ça, on doit toujours défendre son point de vue, négocier avec l’autre et parfois abandonner une idée qui nous paraissait prometteuse. Si on finit par céder, c’est que l’autre vous a convaincu. On sait qu’à plusieurs, on a plus d’idées et que la discussion permet de garder le meilleur. Mais il faut être ouvert et ne pas avoir un égo démesuré, sinon on doit se sentir tout le temps frustré.

J’apprécie l’écriture en solitaire et j’y reviens toujours. Mais les aventures à deux (j’ai aussi écrit récemment trois livres pour des 8/12 ans avec Carole Trébor pour Little Urban), ce sont des moments partagés souvent très joyeux et très intenses dont on sort plein d’énergie et avec l’envie de surprendre l’autre dès la prochaine rencontre.

Y-a-t’il des auteurs ou illustrateurs avec lesquels vous aimeriez collaborer ?

La grande majorité des illustrateurs et illustratrices que j’aime écrivent elles-mêmes ou eux-mêmes leurs textes, donc de ce côté, je n’imagine pas grand-chose. Pour les auteurs ou autrices, il faut une vraie rencontre, une vraie envie et une vraie confiance et ça, ce n’est pas si facile. Dans l’immédiat, je travaille sur un nouveau projet avec Jean-Michel. Pour le reste, on verra si l’occasion se présente. Et j’ai commencé en parallèle un nouveau projet en solo.

Avez-vous un livre de chevet, et si oui lequel ?

Si en parlant de livre de chevet, vous pensez à un livre référence, un qui m’accompagnerait depuis toujours et que j’aurais plaisir à relire, je n’en ai pas. Par contre, j’ai toujours au moins un livre sur ma table de chevet. En ce moment, ce sont plutôt des romans policiers parce que j’ai participé dernièrement au festival des Gueules noires de Saint-Etienne et que j’ai acheté quelques livres à mes camarades de dédicaces. J’ai commencé hier La pension de la via Saffi de Valério Varesi. Et juste avant, j’ai lu Retour de Lombarde (ed. La belle étoile) de mon ami Pascal Ruter.

Est-il difficile de promouvoir un roman alors que vous êtes en train d’en écrire un autre ?

Non. On y arrive. Mais il est vrai que les livres sortent parfois plus d’un an après la fin de mon travail alors que je suis depuis longtemps plongé dans un autre univers. J’avoue que j’aime bien parler de mes ouvrages et même des plus anciens. Cela fait partie de mon métier.

Sur votre blog vous communiquez les dates des rencontres et des salons auxquels vous participez, elles sont extrêmement nombreuses (et nous sommes d’ailleurs quelques-unes à avoir eu la chance de vous y croiser). Que vous apportent ces moments ?

Les salons sont des moments où on retrouve ou découvre plein de personnes et c’est agréable quand on est enfermé chez soi depuis trop longtemps. C’est aussi des moments partagés avec mes lecteurs qui peuvent vous faire des retours sur mes romans. C’est parfois touchant et on en sort avec le sentiment d’être utile à certains. Être invité vous rassure aussi sur le fait que vous existez encore. Je ne fais plus autant de salons qu’à une époque et je m’en porte très bien. Les rencontres scolaires demandent beaucoup d’énergie et de disponibilité. Il faut donc faire attention à ne pas trop en enchainer. Personnellement, je n’accepte pas plus de deux jours de rencontres de suite. Lorsque je suis sur place, je veux que l’échange soit intéressant et pas trop scolaire, qu’on en garde chacun un bon souvenir.

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Merci infiniment à Yves Grevet d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

Nous espérons vous avoir donné envie de poursuivre la découverte de son univers. Et pour le rencontrer à votre tour, toutes les dates de ses dédicaces sont indiquées sur son blog.

Nos coups cœur de 2025

L’année 2025 nous aura apporté son lot de génialissimes lectures et de découvertes littéraires ! Chaque mois, c’est le rendez-vous à ne pas manquer sous notre bel arbre. Voici nos livres préférés, incontournables titres que l’on aime partager ici.

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Pour Liraloin c’est une lecture toute récente qui l’a transporté dans sa propre enfance. Il s’agit de Coboye de Cécile, une BD dont les aventures sont toutes amusantes, pleine de moments espiègles qui sentent bon la nostalgie .

Coboye de Cécile, Dupuis, 2025

Chronique complète ICI et l’avis de Lucie et celui d’Héloïse.

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Comment ne pas passer à côté de cet immense roman de l’année 2025, qui a emporté le Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Un titre qui a aussi été l’objet d’une lecture commune. Une histoire percutante, tellement d’actualité, criante de vérité !

Le silence est à nous de Coline Pierré – Flammarion jeunesse, 2025

Chronique compléte ICI et l’avis de Lucie .

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Pour ses coups de coeur de l’année, Lucie aussi a choisi un livre ayant fait l’objet d’une lecture commune : La petite fille au fusil. Ce roman graphique rassemble tout ce qu’elle cherche dans une lecture : émotion, humour, mais aussi vraie réflexion sur le courage et en plus elle comblé certaines de ses lacunes au sujet de la seconde guerre mondiale en Lituanie. Elle a été séduite par l’histoire de Magda, petite fille qui doit faire face à la tourmente de l’Histoire.

La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante, Marius Marcinkevičius et Lina Itagaki, Editions du Ricochet, 2025.

Son avis complet ICI.

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Côté album, elle n’a pas su choisir entre Le caillou, fabuleuse fable de Thierry Dedieu sur la mémoire et la bêtise humaine et Quand je garde le silence, véritable claque poétique. Deux albums très différents mais faisant l’éloge du respect et de l’écoute.

Ses avis complets sur Le caillou et Quand je garde le silence.

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Côté roman, elle doit son coup de cœur de l’année à Helolitla. Car si la belle couverture de Nos constellations lui avait tapé dans l’œil, les thématiques laissaient présager une histoire pesante. Il n’en est rien, bien au contraire ! Car si Max et Aurélien font face à des difficultés, leur relation douce et respectueuse leur donne des ailes. Un amour porteur comme on en souhaite à nos ados !

Nos constellations, Florence Quentin, Didier jeunesse, 2025.

Son avis ICI et celui d’Helolitla .

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Héloïse (Helolitla) n’a pas su choisir un seul livre, tellement cette année 2025 a été riche en lectures de qualité.

Côté romans ados, elle a ri, pleuré, été bouleversée par de nombreux titres. Dissidentes, la dystopie très immersive de Tosca Noury, qui fait froid dans le dos tellement elle est réaliste. La neige au rendez-vous, émouvant roman d’Esmé Planchon, qui parle si justement de deuil, de famille, du droit d’être soi-même. Deux autres romans ados l’ont bouleversée : En décalage, de Lolie Cherbonnel, et Nos Constellations, de Florence Quentin.

2025 a également été l’année où Héloïse a redécouvert la poésie, avec notamment quelques recueils de Rupi Kaur, ou plus récemment Ma maison en fleurs, de Pauline Bilisari, qui l’a profondément émue.

Ma maison en fleurs de Pauline Bilisari, J’ai lu, 2023

En lectrice accro à la fantasy et à la science-fiction, Héloise a vibré avec Les archipels engloutis, de Nancy Guilbert et Martin Meyrone, a frissonné avec le premier tome de Contrer les brumes, de Léa Muna. Elle a voyagé avec la saga des Mystères, dont elle a dévoré les 4 derniers tomes cette année. Elle a retrouvé avec joie la plume d’Ellie S. Green dans son nouvel univers qui mêle western et fantastique, Silverton Supernatural Project. Enfin, elle a frissonné avec le très réaliste Célèbre a en mourir, d’Alain Gagnol.

Les albums coups de cœur d’Héloïse et de ses enfants sont nombreux. Plusieurs thématiques reviennent en force : l’amour des livres et de la nature, la tolérance et la solidarité, le droit d’être soi-même. En voici un florilège.

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Hélène est très heureuse de vous présenter ses grands coups de coeur de l’année 2025, une année riche en lecture qui lui a permis de découvrir des pépites pour tous les âges. Le choix a été très difficile également mais voici le meilleur pour tous les âges de son point de vue totalement subjectif.

La vie secrète des adultes, Anna Fiske, La joie de lire, 2025.

Pédagogique, humoristique et interactif, ce livre donne un aperçu complet et réaliste de ce que c’est d’être adulte (rappelant au passage que même une fois grand on doit respecter des règles) et surtout des mille et une façons d’être adulte. On y parle look, métier, gestion du budget, goûts alimentaires, loisirs, parentalité, rapport aux autres, consommation d’alcool… Le champs des possibles est très large ! Cela permet à l’ enfant de se représenter les libertés et contraintes de la vie d’ adulte sous un jour positif, de lui montrer qu’il y a énormément de choix de vie possibles, c’est fabuleux et cela ouvre plein de perspectives ! Le format entre album et BD est très intéressant également. La chronique d’Hélène ICI

Les enquêtes de Lady Souris et Jimmy Tigré, Quentin Girardclos, La Martinière Jeunesse, 2025.

Une super petite BD découpée en trois chapitres qui correspondent chacun à une enquête, avec un très très beau graphisme. Le tome 2 « Du rififi à Paris » sort en février et devrait faire partie de nos favoris en 2026 également.

L’étoile de Mo, Yeonju Choi, Helium, 2024.

Un joli petit livre au format hybride : album en noir et blanc, mini BD ou petit roman illustré, peu importe, les images sont aussi poétiques que le texte. Un beau moment de lecture en compagnie de ce petit chat que nous prenons plaisir à suivre dans sa quête, l’avis complet d‘Hélène à retrouver ICI

Un garçon comme les autres, de Damas à Manchester, A-M Dassu, Milan Editions, 2024.

Et puisqu’il faut finir car le temps et l’espace sont trop courts pour parler de tous les livres qui nous ont plu cette année, Hélène vous propose ce roman ado très touchant, une histoire d’exil mais surtout l’histoire d’un jeune homme et de sa famille, racontée à la première personne. De la fuite à la reconstruction de leur vie ailleurs, des obstacles, frayeurs et batailles à la reprise d’une vie quotidienne d’adolescent, ce roman permet de se mettre à la place de l’Autre, il est profondément touchant. Elle vous en parle un peu plus ici mais aucune chronique ne vous touchera autant que la lecture de ce livre, qui pourra être l’occasion d’échanges entre ados et adultes sur des sujets de société actuels et profonds.

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Pour Séverine, côté albums, son coup de cœur absolu, c’est Le parfum des grandes vacances, de l’auteur-illustrateur Thibault Prugne, qui l’a éblouie, par la grâce, la mélancolie, la sensibilité du texte et de ses illustrations absolument somptueuses, où la noirceur de l’époque, en proie à la guerre qui fait rage, est adoucie par la relation magique entre un grand-père original et une petite fille curieuse. Pour elle, la parenthèse enchantée et émouvante qu’offre cet album a tout simplement le parfum du chef-d’œuvre. Gros coups de coeurs pour deux autres albums qui ont en commun d’être nés sous la plume ou le pinceau d’Henri Meunier. Dans Sous le pommier en fleurs, joliment illustré par Olivier Latyk, tout en jeux de lumière et de couleurs, l’auteur exprime sa virtuosité à la fois facétieuse et poétique, sa sensibilité teintée de fantaisie (ou l’inverse ?), son élégance rare. Une réussite parfaite pour cette belle invitation au lâcher prise et à la joie de vivre ! Droméo et Chuliette, dernier album de Marcus Malte, qu’il a illustré avec un graphisme figuratif, coloré, vitaminé, fin dans sa simplicité, lui a offert un moment de lecture délicieux. C’est de la littérature jeunesse comme elle l’aime : loufoque, intelligente, originale, créative, faisant confiance aux enfants, bref, tout ce qu’une IA ne pourra jamais faire (on l’espère).

Côté romans, ce sont les autrices qui se sont détachées cette année.

Enragée, un roman fort de Cécile Alix qui résonnera longtemps…Certains passages sont écrasants de noire tension, de désespoir, de douleur insoutenable. Pour autant, grâce aux belles rencontres de son héroïne, à sa passion pour la danse, à l’amour qui pointe le bout du nez, le positif résiste. Emilie Chazerand l’a comme souvent, fait pouffer de rire et verser des larmes de crocodile dans la même page, c’est une prouesse assez rare pour être soulignée, avec son dernier roman, Hyper ! Le style phénoménal, le sens des dialogues dinguissime. Sans pour autant faire sombrer à son tour dans une dépression irréversible, grâce à un humour féroce, décalé, qui fait sans cesse des pirouettes. Un moment de lecture intense, une héroïne inoubliable. Nos incendies a été pour Séverine la découverte d’une plume, celle de Sandrine Caillis, dont elle a apprécié son grand respect pour la jeunesse, sans toutefois occulter ses excès. Elle a trouvé pointu son regard sur les relations intrafamiliales, sur les fractures, sur l’engagement, sur le cœur qui (s’)affirme, dans un mélange incandescent de sensibilité, de mouvement et de fureur. Mention spéciale pour les titres des chapitres du roman qui, à eux seuls, mis bout à bout, pourraient former un superbe poème en prose.

Chez les juniors, enfin, énorme coup de cœur pour l’édition française d’un roman illustré norvégien de Maria Parr. Oskar et moi et tous nos petits endroits, égrène tout au long d’une année, le quotidien de deux enfants, Ida, 8 ans, la narratrice, et son petit frère Oskar, 5 ans, dans tout ce qu’il a de plus banal, et de plus merveilleux. On rit, on pleure, comme dans la vie ! Ce roman, c’est le lieu où tout commence et rien ne finit jamais, son parfum est le plus délicieux de tous : il fleure si bon l’enfance.

Et vous? Quels sont vos titres chouchous de cette année 2025? Dites-nous en commentaire sur notre page Instagram ou Facebook?

SWAP de fin d’année

Noël rime avec cadeaux mais ici il rime avec amitié. Quel plaisir de pouvoir gâter une copinaute passionnée de lectures. De choisir une gourmandise, d’écrire une carte en imaginant la surprise sur le visage de la personne en question ! Voici ce que nous avons aimé envoyer et ce que nous avons reçu avec grande délectation…

Frédérique (Liraloin)

Ce que j’ai envoyé

J’ai eu la chance de découvrir le prénom de ma swapée lors de mon voyage au Japon. Quelle joie de pouvoir gâter Lucie car dorénavant nous sommes les plus anciennes du blog et je n’avais jamais eu l’occasion d’être sa copinaute de SWAP de Noël.

Pour Lucie, j’ai envoyé une petite carte et un carnet de dessin provenant du petit village d’Ainokura où les chaumières traditionnelles sont situées au milieu de la forêt de la région de Gokayama. Une petite plaque de chocolat noir venant direction d’une boutique artisanale de Toulon pour assouvir sa gourmandise. Et bien évidemment un livre, un recueil de poésie pour être précise Poèmes par-dessus les toits, une envolée de mots qui se lit lorsqu’on en éprouve l’envie ou le besoin.

Ce que j’ai reçu

Quelle surprise de découvrir le colis d’Hélène la_bibli_jeunesse_dhelene qui nous a fait la grande joie de rejoindre le blog il y a quelques mois ! Je la remercie de m’avoir envoyé cette jolie carte ainsi qu’une gourmandise que je vais finir par déguster avec grand plaisir. J’ai eu la chance de déballer ce fabuleux roman venant d’une librairie que j’aime beaucoup ! Hâte de lire ce Cosy Mystery et pourquoi pas en faire une LC avec toi, chère Hélène !

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Hélène (la_bibli_jeunesse_dhelene)

Ce que j’ai envoyé

La personne à qui je devais envoyer un petit paquet était Frédérique, et j’étais bien contente de tomber sur elle puisqu’au départ c’est elle qui m’a contacté pour me proposer de faire partie de l’équipe de A l’ombre du Grand arbre. C’était une belle surprise et donc c’est un joli clin d’oeil que ce soit à moi de lui en faire une pour Noël.

Je me suis donc rendue à l’Armitière à Rouen où je sais que l’on trouve toujours son bonheur pour tous les âges et je lui ai choisi un cosy mystery, coup de coeur des libraires. Un peu de magie, un peu de mystère, une recette parfaite pour les fêtes. Ensuite j’ai passé un bon moment à regarder les présentoir de cartes et j’ai fini par me décider pour l’une d’entre elle dont j’aimais l’ambiance. En plus des livres je suis une grande grande fan de papeterie et je choisi toujours avec soin les cartes, photos, albums, marques-pages… J’espère que celle-ci égayera la fin d’année de Frédérique, qui pourra également déguster un petit florentin en lisant au chaud.

Ce que j’ai reçu

C’était Séverine qui avait pour mission de m’envoyer un cadeau et j’ai été ravie de recevoir son paquet qui contenait plusieurs petites surprises et pour commencer, un album de chez Rue du Monde, une très belle maison d’édition. L’album Le Grand banian de Jean-Claude Mourlevat illustré par Nathalie Novi va ma faire voyager en Inde, j’ai hâte de vous en parler 🙂

Un mini-puzzle de Noël représentant une illustration hivernale d’une illustratrice que j’aime beaucoup, Amélie Lafaitteur était aussi glissé parmi les petits paquets préparés par Séverine. Vais-je réussir à le faire pendant les vacances, je vous tiens au courant !

Une banderole Joyeux Noël, des caramels mous joliment emballés et une belle carte de Noël complétaient ce paquet qui m’a fait très très plaisir !

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Séverine (sev_se_livre_)

Ce que j’ai envoyé

Ma destinataire de cadeaux était cette année la p’tite nouvelle de l’équipe. Autant dire que j’ai eu un peu peur, dans la mesure où nous ne nous connaissons pas encore beaucoup… Blandine avait eu la très bonne idée de m’offrir un mini-puzzle l’année dernière, je lui ai donc piqué l’idée, sans aucun scrupule ! Pour la gourmandise, pas de question existentielle, des caramels feraient l’affaire (franchement, qui n’aime pas ça ?) et une petite guirlande, pour finir, aucun souci. Ah oui, j’allais oublier l’essentiel : le livre ! Là, dans le doute, je l’avoue, je l’ai choisi selon mes propres goûts ! C’est ainsi qu’Hélène a découvert, si elle ne le connaissait pas, un des (trop) rares albums jeunesse écrits par Jean-Claude Mourlevat, illustré par la grande Nathalie Novi, chez les Éditions Rue du monde : Sous le grand banian, mon clin d’œil au grand arbre qui nous abrite toutes deux…

Ce que j’ai reçu

J’ai reçu de Lucie un colis qui m’a beaucoup touchée. Notamment parce qu’à l’inverse de mon Swap avec Hélène, il m’a montré que Lucie et moi commençons à bien nous connaître, même par écrans interposés. Il faut dire que deux jours passées ensemble à Montreuil nous ont rapprochées. Ainsi ai-je eu la surprise de découvrir 2 livres dans le colis. Le premier, c’est Pleine nuit, superbe album à découpes laser avec un magnifique loup en couverture, qu’elle a eu la gentillesse de me faire dédicacer par son auteur/illustrateur Antoine Guilloppé, à Montreuil, justement. Le deuxième est un recueil de Jean-Pascal Dubost, illustré par Katy Croupie, dans la collection Poèmes pour grandir de Cheyne : C’est corbeau. Elle savait que je suis particulièrement sensible à cet oiseau, sorte d’animal totem pour moi, dont j’ai un tatouage sur le bras droit… Si j’ajoute que les bouchons lyonnais compris dans le colis m’ont bien fait rire, que la décoration de Noël artisanale s’accorde parfaitement à mon intérieur, et que sa petite carte avec un joli message d’amitié fait chaud au cœur, on n’est pas très loin du bonheur… Merci Lucie ! (qui était, entre parenthèses, ma swapée de l’an dernier…)

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Lucie (Leslivresdavril)

Ce que j’ai envoyé

Cette année j’ai a eu le plaisir de tomber sur Séverine, ma swapeuse de l’année dernière. C’était l’occasion de la remercier, d’autant qu’après nous être retrouvées à deux salons du livre, nous commençons à mieux nous connaître ! J’ai donc multiplié les clins d’œil, à ses marottes (poésie, corbeau, chocolat), mais aussi aux sujets plus personnels que j’ai pu découvrir en discutant et en la lisant. Saviez-vous que notre Sev avait édité deux recueils (vous les trouverez ICI et ) ? J’ai donc choisi deux livres lors du SLPJ, une boîte de chocolats d’un confiseur lyonnais, une suspension artisanale et une carte de l’illustratrice Mue.Pi elle aussi rencontrée à Montreuil.

Ce que j’ai reçu

C’est toujours un grand plaisir de recevoir un colis savament composé par une copinaute. Et nul doute, cette année Frédérique avait décidé de me faire voyager ! J’ai adoré les souvenirs du Japon : le carnet au papier velouté (oserai-je l’utiliser ?), la carte poétique d’un côté, pleine d’énergie de l’autre. Ainokura figure dorénavant sur la liste des lieux à visiter quand j’irai au Japon. Mais ma swapeuse n’en avait pas fini avec le dépaysement. Elle y a ajouté un chocolat originaire du Ghana et, surtout, Poèmes par-dessus les toits, recueil de poésie bilingue français arabe, véritable invitation à la douceur et à la lenteur. Juste ce qu’il faut pour finir l’année. Et il sera suivi par d’autres car Frédérique s’est arrangée avec l’éditrice du Port à jauni pour me couvrir de poésie. Comme dit ta grand-mère Séverine déjà ? « Tu n’y es plus, Fred ! »

Ce que j’ai envoyé… 2ème !

Pour prolonger son voyage, j’ai remercié Frédérique de ses douces attentions avec l’album 72 saisons au Japon Kyûreki, un calendrier de la Nature d’Emmanuelle Grundmann et Gilberte Niamh Bourget. Tombée sur cet album un peu par hasard, j’ai immédiatement pensé à elle.

72 saisons au Japon Kyûreki, un calendrier de la Nature d’Emmanuelle Grundmann et Gilberte Niamh Bourget, Actes Sud jeunesse, 2025.

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Héloïse (Ileautresor)

Ce que j’ai envoyé

Je devais préparer un colis pour mon homonyme Héloïse – Helolitla. Je lui ai envoyé un roman junior, Le maître des clefs : le pays des songes, avec du thé blanc parfumé aux épices… mais dans une autre boîte car elle ne tenait pas dans le paquet.

Ce que j’ai reçu

Blandine m’a gâtée ! J’ai reçu 2 livres : Les gardiens de baguette magique et Quelque part dans la neige… avec des chocolats. Son paquet m’a fait bien plaisir.

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Héloïse (Helolitla)

Ce que j’ai envoyé

Cette année, c’est à Blandine que je devais envoyer un colis. Au vu de ses lectures éclectiques, j’ai opté pour un roman ado que j’avais adoré, très poétique. J’y ai joint du café, et une pochette à livre.

Ce que j’ai reçu

C’est Héloïse qui m’a gâtée avec un roman jeunesse que j’avais repéré, Le maître des Clés, de Benoît Grelaud. Une lecture que j’ai deja commencée et que je partage avec mes fils, pour l’instant captivés par cette aventure ! J’ai également reçu une jolie carte et du thé.

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Blandine (Vivrelivre)

Ce que j’ai envoyé

Cette année, le sort m’a désigné Héloïse (Ileautresor), dont je ne connaissais pas trop les goûts. J’y ai donc été avec mon cœur. J’ai opté pour le premier roman jeunesse de Tiffany McDaniel (qui inaugure une série), Les Gardiens de Baguette Magique, parce que j’aime énormément la plume de cette autrice en Litté générale et que j’aime cette Maison d’Editions, Gallmeister. Comme c’est la période de Noël, j’ai choisi pour un album jeunesse qui fait la part belle à la saison, enneigée, mais aussi au don de soi et au plaisir d’être ensemble. Et puis des petites douceurs chocolatées aux effigies parisiennes pour les accompagner, car Paris est magique !

Ce que j’ai reçu

C’est de la part d’Héloïse (Helolitla) que j’ai reçu un colis avec deux sachets de café moulu aromatisé (bonheur bonheur), un roman ado, Nos constellations de Florence Quentin chez Didier Jeunesse, que je ne connaissais pas du tout, une pochette livre Harry Potter so kawai, et un adorable mot sur un un adorable papier accompagné de stickers livresques ! Mille mercis Héloïse pour tes choix si justes !

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Nous espérons que vous avez été aussi entourés et gâtés pendant les Fêtes et nous sommes très heureuses de vous retrouver en 2026 pour de nouvelles lectures.

Belle fin d’année à tous !

Nos « classiques » à offrir

A l’approche des fêtes ce fin d’année, quoi de mieux que de délaisser les grands magasins pour courir dans votre petite librairie de quartier ! Non seulement nous avons tout à fait le droit de nous gâter mais nous avons l’obligation de faire plaisir aux personnes de notre entourage. Pour vous aider à faire des choix, vos arbonautes préférées ont pensé à des titres qu’elles aiment particulièrement offrir. A votre liste ! C’est par ici que ça se passe…

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Pour Liraloin offrir un livre c’est toujours une grande marque d’affection. Non seulement la future lectrice va découvrir un livre choisi avec amour mais aussi un univers enchanteur ! Pour cet article, elle s’est tournée vers deux romans classiques aux aventures incroyables et inoubliables.

Le jardin secret de Frances Hodgson-Burnett
Adapté en BD par Maud Begon publié chez Dargaud en 2021. Adapté au cinéma en 1994 et 2020.

Mary Lennox « que tout contrarie » est une petite fille unique et gâtée, capricieuse, mal élevée ou bien pas élevée du tout par ses parents. Sous le soleil des Indes, le choléra va décimer toute sa famille ainsi que les domestiques la laissant orpheline. Après un long voyage jusqu’en Angleterre, elle est recueillie par son oncle Archibald Craven, propriétaire d’un immense manoir perdu au milieu des landes pluvieuses.

Au lendemain de sa première nuit, quelle n’est pas sa surprise de découvrir l’enjouée Martha, une jeune servante bavarde et toujours de belle humeur – tout le contraire de Mademoiselle Mary ! Le franc parlé de Martha insupporte la jeune demoiselle acariâtre mais peu à peu cette dernière s’intéresse à la vie de cette jeune campagnarde, dévoilant sans doute les prémices d’une amitié naissante.

Pourtant bien des mystères entourent ce manoir et ses jardins. Quels sont les pleurs nocturnes perturbant ainsi son sommeil ? Quel secret cache ce jardin clos depuis dix longues années ? Des enfants perdus, certains mal aimés ou d’autres soi-disant condamnés à mourir seront unis par un secret loin du monde des adultes. L’amitié, l’amour et surtout la confiance vont éclore petit à petit dans ce vieux manoir lugubre. Ce récit est un concentré d’innocence, celle retrouvée après une enfance perdue et délaissée.

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Huit volumes composent cette série dont le titre le plus connu a été publié pour la première fois sous le nom « Anne, la maison aux pignons verts. » En 2020, les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont choisi de publier le premier volume en s’inspirant du titre original « Anne de Green Gables »

Cette saga tourne autour d’Anne Shirley, jeune orpheline qui deviendra Anne de Green Gables puis enfin Anne Blythe. Si l’histoire débute fin XIXe siècle elle s’achève durant la Première Guerre Mondiale qui est au centre de l’intrigue de « Rilla ma Rilla », un volume beaucoup plus noir que l’ensemble des premiers titres.

Quel plaisir de lecture que de retrouver à chaque volume les personnages de l’Île-du-Prince-Édouard, l’atmosphère d’Avonlea en passant par Ingleside tout en terminant à Glen St Mary. Entrer dans cette série c’est se délecter de l’espièglerie d’Anne Shirley puis s’attacher à toute cette belle et grande famille. C’est aussi rire des évènements, des situations des personnages secondaires mais aussi s’émouvoir de l’innocence des enfants, de la tristesse qui peut envahir une famille. La connexion à la nature y est très forte et la magie qui s’opère dans la Vallée arc-en-ciel apporte au lectorat des moments de détente propice à la rêverie. L’humour de Lucy Maud Montgomery apporte une belle énergie au récit et fait la part belle aux femmes qui composent parfaitement dans cette histoire universelle.

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Pour Hélène, un livre c’est toujours un beau cadeau à offrir lors des fêtes. Elle a essayé de mélanger classiques et livres plus récemment parus qui le deviendront peut-être afin de satisfaire tous les goûts et tous les âges. Ce billet est donc aussi l’occasion de parler de nouveautés et de revenir sur des coups de coeur de l’année. Joyeuses fêtes à tous !

Mes premiers airs de jazz d’Aurélie Guillerey, Gründ, 2016

Pour commencer Hélène vous conseille cette petite collection de livres sonores de chez Gründ. Elle plaira aux plus petits, qui prendront plaisir à écouter l’histoire des musiciens racontée par l’adulte et surtout à appuyer eux-mêmes sur les boutons pour mettre en route l’air de musique à chaque page. Il y en a pour tous les goûts : jazz, rock, reggae… A vous de choisir celui qui plaira le plus et de les collectionner !

Un jour de chance de Céline Claire et Jean-Baptiste Drouot, Milan, 2022

Un jour de chance est un titre paru il y a plusieurs années déjà mais qui avait particulièrement touché Hélène. On pense lire une « simple » histoire de doudou perdu mais en réalité il s’agit de donner et recevoir, de comment on aide les autres et on se fait aider quand on en a besoin… C’est parfait en ces temps de Noël et ça plaira vraiment aux plus petits attachés à leur doudou et qui apprennent les relations humaines.

Chronique complète ici

Le concours de fées de Camille Garoche, Little Urban, 2025

Hélène a vraiment craqué pour ce titre. De plus c’est un conseil d’amie ! On ne le voit pas sur l’image mais il est vraiment grand format, ce qui laisse la part belle à l’image. Les illustrations de Camille Garoche sont vraiment belles et très fournies. Pour les enfants de maternelle, début de primaire, c’est idéal pour leur permettre de développer leur sens de l’observation. Si vous êtes sensible, comme elle, à l’univers des fées vous allez adorer cette mise en scène dans une jolie petite histoire à dévorer sous le pied du sapin.

Matilda de Roald Dahl, Folio Junior, 2016

Est-il encore nécessaire de vous présenter ce classique indémodable ? Matilda est intelligente, attachante, marrante… Hélène n’a plus d’adjectif en -ante pour la qualifier mais si vous avez des enfants en fin de primaire dans votre entourage qui ne connaissent pas encore cette petite héroïne, allez-y ! Roald Dahl a l’art de nous montrer que l’on peut rire de tout, on est plongé dans un univers à la fois British et universel. Matilda, au delà de l’histoire encourage à lire, se cultiver grandir, s’affirmer… Un de ces personnages que l’on n’oublie pas et qui ont marqué la littérature de jeunesse, celui-ci est réellement un classique !

Anatole Latuile de Olivier Muller, Anne Didier et Clément Devaux, Bayard jeunesse, depuis 2005.

Pour les enfants de primaire toujours, Hélène vous conseille la série de BD Anatole Latuile. Copains, bêtises, idées de génie (ou pas…!), les aventures d’Anatole sont pleines de rebondissements, on le retrouve au fur et à mesure des tomes comme un véritable ami, et la BD rend l’objet-livre très accessible. Un compagnon du quotidien !

Les mille vies d’Ismaël et quelques saveurs en plus de Raphaëlle Calande, Sarbacane, collection : Exprim’, 2024

Pour terminer cette liste de livres à glisser au pied du sapin et gâter les plus grands, Hélène vous livre son coup de cœur de l’année en roman ado, Prix Cendres 2024.

Ismaël est un jeune garçon un peu perdu dans la vie, qui vit énormément de culpabilité , en difficulté scolaire, qui se fait exclure du collège. Suite à cela, sa mère l’envoie dans sa famille à Lyon et il fera là-bas des rencontres qui changeront sa vie. La première rencontre sera celle avec l’univers de la cuisine, puis il rencontrera d’autres personnes et vivra des événements qui lui permettront de s’élever et de prendre en main son destin.

C’est vraiment le genre de romans où l’on est pris dans l’histoire. L’écriture est extrêmement qualitative et riche. Tous les petits indices semés au fil du texte finissent par se recouper, donnant une grande cohérence au récit. Ismaël c’est un jeune homme que l’on a tous rencontré, un ado qui a besoin d’amour, de cadre, et qui finit par se trouver grâce à sa passion. Une histoire pleine d’espoir et tout sauf mièvre, qui parlera aux adolescents en pleine évolution. Un beau message à leur faire passer que celui que l’on croit en eux.

Plus de détails dans cette chronique également.

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Héloïse n’a pas vraiment de titres « classiques » à offrir, mais elle a quelques valeurs sûres. Pour les tout-petits, les albums de Chris Haughton ou encore ceux de Coralie Saudo et Laura Hedon chez La poule qui pond, que voici :

Elle aime aussi offrir les albums de Briony May Smith, dont elle adore les illustrations, et que son fils collectionne. Sa valeur sûre pour les albums de Noël ? Le merveilleux Trölls, d’Ellie S. Green.

Trölls, Ellie S. Green, illustré par Lisa Guisquier. Ed. Gulfstream, 2022

Pour les plus grands, elle offre volontiers des bandes dessinées, et des mangas. Petit Requin, de Penguin Box, pour les plus jeunes, Blue box ou Akane-banashi pour les plus grands.

Côté romans, elle aime partager les titres qui l’ont touchée, bousculée, émue, cette année ce sera par exemple Hyper, d’Émilie Chazerand, Nos Constellations, de Florence Quentin, ou encore La saga des Mystères, de Jeff Wheeler.

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Lucie n’a pas vraiment de « classique » car elle veille à coller au plus près aux centres d’intérêt des personnes qu’elle gâte. Cependant, elle a une tendresse particulière pour certains auteurs qui sont des valeurs sûres, pour les thématiques qu’ils proposent ou pour la beauté de leurs livres.

Thierry Dedieu a publié de très beaux albums autour de Noël. Si cette fête n’est pas toujours au cœur de l’histoire, les messages d’entraide, d’espoir et de bienveillance qu’ils portent sont toujours pertinents. D’autant que l’auteur-illustrateur veille à les distiller sans trop en faire avec le talent qu’on lui connaît.

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Dans un registre différent mais tout aussi efficace, Chris Haughton est une valeur sûre pour les petits lecteurs. Ses albums colorés aux illustrations reconnaissables au premier coup d’oeil, sont porteurs d’histoires aussi drôles que bienveillantes. Et pour ne rien gâcher, cet auteur-illustrateur irlandais parvient à ressembler petits et grands avec des textes a plusieurs niveaux de lecture.

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Vous pensiez avoir fait le tour des contes traditionnels ? Mélanie Baligand se fait un plaisir de vous les présenter dans de fabuleux théâtres d’ombres. Les découpes sont incroyables de finesse et permettent une projection au plafond. Effet « wahou » garanti. Lucie aime la magie qui se dégage de ce moment de partage dans le noir, mais aussi l’utilisation du smartphone qui sert d’éclairage et ne peut plus interrompre l’histoire.

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Pour les plus grands, Lucie pioche allègrement dans les séries que nous avons présentées au mois d’octobre pour les pré-ados et les ados, car quelle meilleure occasion que Noël pour offrir plusieurs tome et permettre aux lecteurs d’entrer dans un univers fabuleux, trépidant, passionnant voire les trois à la fois ?

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La période des fêtes est pour beaucoup d’entre nous celle où l’on fait une pause pour nous recentrer sur l’essentiel : entourage, ami.e.s, famille. Nous leur consacrons des moments de partage, de joie, de grands et de petits plaisirs. Les cadeaux, évidemment, que le Père Noël offre aux plus jeunes (mais pas que) en suivant précisément la liste jointe à la traditionnelle lettre, sont l’occasion privilégiée de faire plaisir à celles et ceux qu’on aime. Pour Séverine, que les siens taquinent gentiment à ce sujet, il est obligatoire d’offrir des livres. Oui, mais des livres porteurs de sens, dont la beauté n’a d’égale que l’intention du message qu’ils délivrent. Aussi a-t-elle souvent offert des albums estampillés jeunesse qui, en vérité, plaisent également (et surtout ?) aux adultes les ayant reçus en cadeau. Pas des « classiques » à proprement parler, mais des livres qui peuvent toucher toutes les générations, grâce à leur sujet universel. Ainsi, à Noël, fête familiale par excellence, les 3 albums Maman, Papa, et le dernier, Grands-parents du duo Quentin Gréban/Hélène Delforge (Editions Mijade) sont, selon elle, des cadeaux absolument merveilleux. Magnifiés par de sublimes illustrations, -des portraits, à couper le souffle riches de diversité ethnique et temporelle, de couleurs profondes, de gestes et de regards d’une intensité étourdissante-, les mots, tour à tour poignants et drôles, d’une tendresse infinie, célèbrent avec douceur, bienveillance, sensibilité, poésie, finesse, ces personnes chères à nos cœurs, à qui l’on ne dit pas assez souvent combien nous tenons à elles et eux. Alors…pourquoi pas le faire avec un beau livre ?

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Nous espérons vous avoir donné des idées pour les cadeaux de dernière minute, mais nous sommes aussi très curieuses de connaître VOS classiques à offrir !

Lecture commune : Le silence est à nous

Aujourd’hui sur le blog, Lucie, Héloïse et Hélène vous proposent une lecture commune d’un des grands succès de l’année en roman ado, il s’agit du titre « Le silence est à nous » de Coline Pierré. Lauréat du Prix Vendredi des lecteurs du Pass culture, il a déjà rencontré son public et nous étions curieuses de le découvrir et ravies de pouvoir enfin vous en parler.

Paru en mai dernier aux éditions Flammarion, ce titre très actuel nous transporte dans un lycée où Léo est témoin involontaire d’une agression sexuelle.

Suite à cela elle cherche comment se positionner, quoi faire, et grâce à ses amis, ensemble, ils trouvent un moyen de résister, de dénoncer la situation de manière originale et finalement de faire avancer les mentalités.

Plongez avec nous dans ce roman très actuel qui donne la parole (si l’on peut dire cela ainsi…) à la génération post me-too.

Le silence est à nous, Coline Pierré, Flammarion Jeunesse, 2025.

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Lucie : Connaissiez-vous le travail de Coline Pierré avant de lire ce roman ?

Héloïse : Pas beaucoup en fait ! J’ai lu et beaucoup aimé Ma fugue chez moi, mais c’est tout… Mais j’aime beaucoup les textes en vers libres, et le résumé de celui-ci m’intriguait !

Hélène : J’avais lu moi aussi il y a plusieurs années Ma fugue chez moi. Et toi Lucie ?

Lucie : Je n’avais pas fait le lien avant de regarder sa bibliographie mais j’en avais lu deux : La révolte des animaux moches et Nos mains en l’air qui n’ont pas grand chose à voir avec ce titre d’après mes souvenirs.

Lucie : L’illustration de couverture vous a-t-elle inspirées ?

Hélène : Pour ma part j’ai découvert ce livre lors du festival “un chapitre à Rouen” consacré à la littérature young adult. Dans ce cadre j’ai eu la chance de rencontrer Coline Pierré qui nous en a parlé. Le livre était là et la couverture m’a beaucoup plu : ces deux mains de couleurs différentes et qui se tiennent traduit bien une idée qui est développée dans le roman, celle de la solidarité.

Héloïse : Le rose n’est pas ma couleur préférée, mais ces deux mains qui se joignent, ça, j’aime ! Ça matérialise bien la solidarité oui !

Hélène : Oui, et puis la forme dans laquelle elles sont fait penser à une petite porte, l’idée qu’on va voir ce qui est caché. Enfin !

Héloïse : Et toi Lucie ?

Lucie : A vrai dire je ne l’aime pas trop. Et sans la suggestion de Séverine j’aurais bien pu passer à côté de ce roman juste à cause du graphisme et des couleurs. Ça aurait quand même été dommage !

Héloïse : Comme quoi… Il ne faut pas se fier aux apparences 🙂

Lucie : En effet ! Ça m’apprendra ! Poursuivons si vous le voulez bien avec la forme du roman. Les romans en vers libres sont de plus en plus fréquents en littérature ado, en aviez-vous déjà lu et que pensez-vous de ce choix ?

Héloïse :  C’est un style que j’aime beaucoup. C’est à la fois poétique, à vif, intense. J’avais découvert le style avec Inséparables, de Sarah Crossan, puis lu l’excellent Un garçon, c’est presque rien, de Lisa Balavoine, qui m’avait énormément marquée. Je trouve que ça “casse un peu les codes”, le rythme, la diction. 

Un garçon c’est presque rien, Lisa Balavoine, Rageot, 2022.

Lucie : Je suis d’accord avec toi, je trouve que ce choix va très bien au roman adolescent, quand il est bien réalisé. Le premier que j’ai lu était La Dragonne et le Drôle de Damien Galisson, mais le plus marquant dans ce genre est sans aucun doute 17 millimètres de Florence Medina que j’ai lu comme en apnée.

Héloïse : Oh oui, 17 millimètres, quelle lecture ! il est court, mais intense effectivement, et très émouvant aussi. 

17 millimètres, Florence Medina, Scrinéo, 2024.

Hélène : Pour ma part je n’avais jamais lu un livre écrit sous cette forme. C’était particulier mais je me suis habituée au fur et à mesure de la lecture. Coline Pierré a indiqué qu’elle a choisi cette forme car elle laisse “physiquement” de la place au silence. Les pages sont aussi plus “aérées”, ce qui facilite l’entrée dans ce “gros” livre. 

Lucie : C’est intéressant Hélène cette idée de laisser une place au silence. Et ça fait totalement sens vu le sujet ! Ici Coline Pierré utilise les vers libres mais joue aussi sur le rythme, les sonorités et les répétitions… Loin d’être un effet de mode, le parti pris est ici pleinement assumé et investi.

Héloïse : Ce silence justement, on en parle ? A quoi vous attendiez-vous avec ce titre ?

Hélène : Pour ma part, j’ai assisté à la rencontre avant de lire le livre donc je connaissais le sujet. J’étais curieuse de découvrir ce livre qui avait beaucoup plu à de nombreux lecteurs, et de voir la manière dont il était traité, sous l’angle du silence.

Héloïse : Moi non, j’essaie de ne pas lire les résumés en quatrième de couverture pour ne plus risquer de divulgâcher l’histoire. Je savais juste qu’on y parlait féminisme et sororité, et que des amies avaient adoré. Mais je ne savais pas du tout à quoi correspondait ce silence.

Lucie : Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre mais j’avais un a priori positif car les coups de cœur de Séverine sont souvent de bons indices. J’imaginais une histoire de filles avec la couverture, probablement un drame que l’on tairait, mais pas grand chose de plus. C’est sur que choisir le silence comme thématique d’un roman, c’est plutôt gonflé ! On a vu qu’il tenait une place dans les choix stylistiques de l’auteure mais qu’avez-vous pensé de l’histoire ? Est-ce que l’une d’entre vous souhaite la résumer pour commencer ?

Héloïse : Pas facile, mais j’essaie. Une jeune fille, Leo, assiste à une agression dans son lycée. Maryam, une jeune camarade solaire, est plaquée contre un mur par Ethan, et clairement pas consentante.  Sous le choc, Leo ne dit ni ne fait rien. Mais ensuite, elle contacte la victime. Sauf que quand celle-ci rapporte l’agression, personne ne l’écoute… Ce que j’ai trouvé horrible. On se rend compte aussi avec cette lecture que la société n’écoute pas forcément les victimes, à plus forte raison si elles sont en couple …

Lucie : Oui, la notion de consentement est vraiment au cœur de ce récit. Et effectivement Coline Pierré interroge la réception de la parole des victimes de manière très intéressante.

Héloïse : C’est l’une des revendications d’ailleurs des “manifestants silencieux” (je ne sais pas comment les appeler) c’est parlant comme ça je trouve.

Hélène : Oui la question de dire et d’entendre est au cœur du livre. D’après ce que l’auteure expliquait, les scènes avec le proviseur ont été parmi les plus difficiles à écrire car il fallait complexifier ce personnage qui n’entend pas, même s’il reçoit la victime et ses amies et les écoute, en apparence du moins… 

Héloïse : C’est un personnage clairement détestable…Contrairement à d’autres heureusement. D’ailleurs, j’ai apprécié l’idée que tous les adultes ne soient pas montrés du doigt. 

Lucie : OUI ! Comme la génialissime documentaliste, Madame Lindgren !!! J’ai aimé que certains adultes, dont des hommes, soient positifs. Ce n’est pas si fréquent dans ce type de romans.

Héloïse : Oui, le CPE, M. Diaz, est top aussi ! Mais c’est révoltant de voir que la première réponse de la direction, c’est d’interdire des tenues jugées “osées”, pointant du doigt la victime et la transformant en coupable… C’est d’ailleurs la raison de la fameuse grève lancée dans le roman (attention spoilers pour celleux qui ne l’ont pas lu ! )? J’ai trouvé cette idée de grève de la parole géniale et originale, pas vous ?

Lucie : Mais si, totalement ! C’est une idée intéressante car on ne peut pas forcer quelqu’un à parler, que la parole libérée est au cœur de l’élément perturbateur et que l’on pousse les ados à s’exprimer tout en rechignant à les écouter, j’ai trouvé ce passage très juste. Et j’irais jusqu’à dire qu’il m’a questionnée en tant que maman. Malgré toute notre bonne volonté, est-ce qu’on écoute nos enfants aussi attentivement qu’on le devrait ? 

Héloïse : C’est une réflexion intéressante, je n’en suis pas sûre malheureusement…

Lucie : Léo est donc l’héroïne de ce roman et elle serait la première surprise de se voir qualifiée ainsi. Qu’avez-vous pensé de ce personnage ?

Héloïse : C’est un personnage extrêmement touchant. Elle est très mal dans sa peau, dans son corps, s’excuse presque de respirer parfois… Elle a peur de mal faire, et pourtant, c’est elle qui instille la révolte, le combat. 

Hélène : Oui c’est un personnage attachant, un peu au mauvais endroit au mauvais moment et qui se trouve confrontée à une situation qui la force à se positionner, à être fidèle à ses valeurs à un âge auquel on se construit. Elle fait cela avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, et un peu de maladresse parfois, ce qui la rend réaliste aussi.

Lucie : Oui, ce personnage est très en retrait dans sa vie mais elle a de multiples facettes. Ses doutes et son mal être en font un personnage très nuancé et ont fortement résonné. Elle n’a pas du tout une personnalité de leader mais elle parvient à rassembler grâce à sa bonne volonté. J’ai juste regretté une annonce dans la dernière partie qui m’a semblé assez artificielle. Elle n’avait pas besoin de cela pour être intéressante !

Hélène : Je te rejoins !

Héloïse : La question traditionnelle pour terminer : à qui conseilleriez-vous ce roman ?

Héloïse : Aux ados, bien sûr, à partir de 13-14 ans, et aux adultes. La thématique principale est malheureusement toujours d’actualité, et c’est important de montrer que les violences sexistes et sexuelles ne sont pas à minimiser. 

Lucie : Bien sûr, aux ados, je te rejoins sur les âges : pas trop tôt à cause des thématiques. Et à leurs parents aussi, car il est susceptible d’amener des discussions. C’est un roman très riche qui parle de consentement, de santé mentale, d’engagement aussi… mais sans que ces sujets ne soient trop lourds ou appuyés, ils sont très bien intégrés à l’intrigue et invitent à la réflexion de manière assez subtile. Ce n’est clairement pas le cas de tous les titres de la sélection du Prix Vendredi pour ne citer qu’eux.

Hélène : Je le conseillerai effectivement à des lycéens, pour tout public même s’il plaira  sans doute plus aux jeunes femmes de par son aspect féministe, mais cela peut être une lecture très instructive pour de jeunes garçons aussi !

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Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir ce roman qui figurait dans la sélection du Prix Vendredi et a été élu par les lecteurs du Pass Culture !